La joie et la liberté chez Eckhart et Nicolas de Cues

Meister Eckhart und Nikolaus von Kues sind beide als Denker der Freiheit bekannt. Gleichwohl existieren nur verhältnismäßig wenige Untersuchungen zu dieser Thematik. Der vorliegende Band wählt die Verbindung von Freiheit und Freude als Perspektive. Damit ist eine Verbindung gewonnen, welche sowohl für den Meister Eckharts mystisches Denken wie auch für die Anthropologie einer “viva imago Dei” des Nikolaus von Kues zentral ist. Insbesondere die jeweiligen Predigt-Werke von Eckhart und Cusanus stehen dabei im Mittelpunkt, aber der Band diskutiert auch Kontext und Rezeption dieses Freiheitsdenkens im Übergang von Mittelalter und Neuzeit. Der Band dokumentiert eine gleichnamige internationale Konferenz mit französischen, deutschen und englischen Beiträgen. (suite…)

Nicolas de Cues
Un Européen avant la lettre

Nicolas de Cues se situe à l’aube de la modernité. Plus qu’aucun autre penseur, il a donné une impulsion décisive et durable à la philosophie, aux sciences humaines et naturelles. Si les hommes d’aujourd’hui sont toujours, « comme des nains sur les épaules des géants », selon la formule de Bernard de Chartres, il va de soi que le philosophe et cardinal Nicolas de Cues est l’un de ces géants.

Nikolaus von Kues: Die Großregion als Denk- und Lebensraum

Cusanus war ein Deutscher, der früh Europäer wurde, seinen Mittelpunkt in Rom hatte, aber seine Herkunft nicht verlor“, schrieb Karl Jaspers. Der vorliegende Band widmet sich unter verschiedenen Perspektiven der Bedeutung der Großregion zwischen Deutschland, Frankreich, Luxemburg und den Niederlanden für Denken und Wirken des Nikolaus von Kues (1401-1464). Auch das Verhältnis zu Italien und der italienischen Renaissance wird behandelt. Auf einen einführenden Beitrag zu Cusanus als Mentor Europas folgen Aufsätze u.a. zu theologischen, philosophischen, kulturellen, geographischen und künstlerischen Bezügen und Entwicklungen, in denen Nikolaus von Kues wesentliche Anregungen für die entstehende frühe Neuzeit Europas gegeben hat. (suite…)

L’humilité chez les mystiques rhénans et Nicolas de Cues

Vertu fondamentale, mais également ressort anthropologique et ontologique, l’humilité a été paradoxalement peu étudiée jusqu’ici.
 Cet ouvrage vient remédier à cette lacune, en envisageant trois groupes d’auteurs : Hildegarde de Bingen, les mystiques rhénans et Nicolas de Cues qui ont fait ressortir l’enjeu décisif de l’humilité, à la suite de S. Augustin, de S. Benoît, des Pères du désert…
Non seulement, la Huitième vision du Livre des œuvres divines d’Hildegarde de Bingen montre que l’humilité a ses racines dans la fontaine de vie, mais Eckhart va encore plus loin en expliquant qu’elle est le centre de gravité de la vie qui donne à chacun sa véritable place et lui permet de s’accomplir.
Reprenant l’acquis de ses prédécesseurs, Nicolas de Cues présente l’humilité comme forme de connaissance, il souligne aussi l’humilité du langage…, autant dire que le sujet est multiforme et décisif, sans oublier les échos iconographiques chez Hildegarde de Bingen, Henri Suso et Nicolas de Cues.

Obwohl sie eine grundlegende Tugend ist und ihr auch anthropologische und ontologische Dynamik innewohnt, wurde Demut paradoxerweise bisher wenig untersucht. Das vorliegende Buch wird diesen Mangel beheben, indem es drei Gruppen von Autoren in den Blick nimmt: Hildegard von Bingen, die Rheinischen Mystiker und Nikolaus von Kues, die entscheidende Frage der Demut nach S. Augustinus, S. Benedikt und den Wüstenvätern wieder hervorgehoben haben.
Die achte Vision des Buches der göttlichen Werke von Hildegard von Bingen zeigt, dass Demut in dem Brunnen des Lebens verwurzelt ist. Eckhart geht noch weiter und erklärt, dass Demut der Schwerpunkt des Lebens ist, indem sie einem jeden Menschen seinen richtigen Platz und seine Erfüllung gibt.
Cusanus nimmt die Gedanken seiner Vorgänger auf und beschreibt Demut als eine Art von Wissen; er unterstreicht auch die Demut von Sprache. All dieses bedeutet, dass das Thema vielfältig und wichtig ist, wobei man die ikonografischen Niederschläge bei Hildegard von Bingen und Heinrich Seuse nicht vergessen darf.

Der Bildbegriff bei Meister Eckhart und Nikolaus von Kues

Der Bildbegriff stellt im Denken der Rheinischen Mystiker und bei Nikolaus von Kues einen zentralen Verständnisschlüssel da. Systematisch spannt der Begriff ein Feld zwischen Anthropologie, Malerei und theologischer Gotteslehre auf. So lautet die cusanische Bestimmung des Menschen, er sei ein „lebendiges Bild Gottes“. Die Lebendigkeit dieses Bildes kommt speziell in seinem Verhältnis zu Gott zum Ausdruck; es ist von Seiten des Menschen aus als ein Erkenntnisweg zu beschreiben, bei dem Selbst- und Gotteserkenntnis einander bedingen. Beide Seiten dieses Bildverständnisses sind ein wesentliches Thema der Wechselbeziehungen zwischen diesen philosophisch-theologischen Positionen und der Malerei der Zeit. Der vorliegende Band eröffnet exemplarische Perspektiven auf diese Dimensionen des Bildbegriffs zwischen Meister Eckhart und Nikolaus von Kues.

Intellect, sujet, image chez Eckhart et Nicolas de Cues

Il s’avérait utile et même urgent de voir comment les trois concepts d’intellect, de sujet et d’image s’articulent dans la vie et dans l’oeuvre d’Eckhart et de Nicolas de Cues et quelle a été l’influence d’Eckhart sur le Cusain. Tel est le sens du projet franco-allemand qui a été mené dans le cadre de la MSH Lorraine, projet qui est unique en son genre. Son double but était de mettre en évidence le caractère décisif du rapport entre les trois concepts pour l’anthropologie et pour la théorie de la connaissance dans la modernité et de montrer que la production du regard intérieur est l’oeuvre à la fois du sujet créateur et de l’intellect qui regarde, ce qui témoigne du caractère novateur et décisif de ce projet, qui a également des conséquences actuelles.
Pour ce faire, nous sommes partis du concept de sujet, ce qui nous a amenés à voir comment Eckhart et Nicolas de Cues étaient précurseurs des philosophies du sujet, comment celui-ci se situe dans le cadre de la noétique et quelle place est donnée à l’image, à la Bild qui, dans sa polysémie, amène à une relecture de l’oeuvre d’Eckhart et de Nicolas de Cues.

La Christologie chez les mystiques rhénans et Nicolas de Cues

La christologie des mystiques rhénans est souvent laissée pour compte, quand on ne leur reproche pas de ne pas en proposer. Or, Eckhart a su dégager le sens de la christologie et l’importance de la conformation au Christ. Il est, avec Nicolas de Cues, l’un de ceux qui sont allés le plus loin dans l’approfondissement de la filiation divine. Tauler a repris et développé sa perspective. Suso a davantage envisagé le Christ à partir de la figure de la Sagesse éternelle. Force est de constater que les mystiques rhénans et Nicolas de Cues ont proposé une christologie solide, qui est l’axe de leur œuvre et qu’il importe de redécouvrir.
Cet ouvrage, fruit de la coopération entre l’Équipe de recherche sur les mystiques rhénans de l’université de Lorraine et le Cusanus Institut de Trêves, invite à cette redécouverte.

Nicolas de Cues – Anthologie

Nicolas de Cues est un auteur encore peu connu du public français. Maurice de Gandillac a été le premier à le faire sortir de l’ombre en traduisant ses textes. Or le Cusain est un auteur majeur qui a assuré le passage du Moyen Age à la Renaissance. C’est, en quelque sorte, le premier des humanistes, un théologien incontournable, un esprit universel qui s’intéresse aussi bien au droit qu’aux mathématiques, à l’astronomie, à la philosophie, ou à l’action sociale, comme en témoigne le célèbre hôpital qu’il a fait construire à Bernkastel-Kues pour accueillir les plus démunis. Même s’il opte pour la spéculation, il a le souci de rendre ses idées accessibles à tous, comme en témoigne le célèbre jeu de la boule, ou encore la référence à l’icône qu’il propose pour amener les fidèles à l’expérience de la vision de Dieu.
La présente anthologie, inédite en français, ne présente pas seulement l’ouvrage classique de Nicolas de Cues qu’est la « Docte Ignorance », mais offre un large choix de textes donnant une idée des différentes facettes de ce grand précurseur de la modernité.

Nicolas de Cues is an author as yet unfamiliar to the French public. Maurice de Gandillac was the first to rescue him from obscurity by translating his texts. Yet Nicolas de Cues is a major author who ensured the transition from the Middle Ages to the Renaissance. He was, in some ways, the first humanist, a major theologian and a universal spirit who was interested as much in law as in mathematics, astronomy, philosophy and social action, as demonstrated by the famous hospital he had built at Bernkastel-Kues to shelter the very poor. Even if he opted for speculation, he took care to make his ideas accessible to everyone, as seen in his celebrated ‘Game of Spheres’ (De ludo globi), and in the reference to the icon he proposed to give the faithful an experience of the vision of God.
The present anthology, published in French for the first time, contains not only Nicolas de Cues’ classic work De Docta Ignorantia, but also a wide range of texts that convey the different facets of this great precursor of modernity.

Zum Intellektverständnis bei Meister Eckhart und Nikolaus von Kues

Der Intellektbegriff im Übergang zwischen Mittelalter und früher Neuzeit ist von einer systematischen Tragweite, die sowohl das umfasst, was man Mystik zu nennen gewohnt ist, wie auch den Bereich, welcher als Vorläufer der modernen Naturwissenschaft bezeichnet wird. An der Entwicklung des Intellektverständnisses von Meister Eckhart zu Nikolaus von Kues wird deutlich, dass aufgrund des Intellekts Mystik keine Spiritualität ohne Rationalität ist und Naturwissenschaft sich nicht auf die rationale oder mathematische Verarbeitung quantitativer Phänomene beschränken muss. Zudem ist es für Eckhart und Cusanus der Intellekt, welcher es dem Menschen ermöglicht, sich in Freiheit selbst zu konstituieren.
Die Beiträge des Bandes zeigen die Bedeutung des Intellektverständnisses der beiden Denker für Vorbereitung und Ausbildung der Anthropologie und des Wissenschaftsverständnisses der frühen Neuzeit.

Encyclopédie des mystiques rhénans d’Eckhart à Nicolas de Cues et leur réception

« Ce volume, qui est la première étude systématique d’Eckhart et de Nicolas de Cues, portera beaucoup de fruits dans les décennies à venir. Sans chercher à opposer pas plus qu’à identifier ces deux auteurs, la présentation qui en est faite, en lien avec leurs sources et leur influence, met en évidence le réseau complexe des relations entre eux, de manière tout à fait nouvelle et ouvre ainsi de larges champs à la recherche. C’est pourquoi, l'”Encyclopédie des mystiques rhénans d’Eckhart à Nicolas de Cues et leur réception” est une contribution originale à la recherche sur la pensée du Moyen Âge tardif et un apport substantiel à l’histoire de la philosophie et de la théologie médiévales.
Les lecteurs trouveront dans ses pages tout un déploiement – une nourriture pour la pensée, pas seulement à propos des grands luminaires de la tradition médiévale, mais aussi pour des questions qui continuent à se poser à tous ceux qui s’interrogent sur le sens de Dieu et de l’humanité. » [Bernard McGinn, Université de Chicago, Préface].
Cette « Encyclopédie » est au cœur d’un ensemble d’ouvrages, constitué notamment par deux « Anthologies », l’une des mystiques rhénans, l’autre de Nicolas de Cues, ainsi que d’un volume sur « L’Iconographie des mystiques rhénans ». Vladimir Lossky, lui qui a présenté magistralement la « Théologie mystique de l’Église d’Orient » et rédigé sa thèse en Sorbonne sur Eckhart, reconnaissait dans l’œuvre de celui-ci « l’apogée de la théologie mystique de l’Église d’Occident ». C’est également l’originalité et la profondeur des textes d’Eckhart (souvent appelé le plus grand mystique du Moyen Âge), de Jean Tauler, d’Henri Suso et de Nicolas de Cues, qui nous ont fait donner ce titre à cette vaste entreprise franco-allemande, qui rassemble une centaine d’auteurs.

Avec la collaboration de : Bernard McGinn, Harald Schwaetzer, Klaus Reinhardt, Marie-Anne Vannier, Walter Andreas Euler

La création et l’anthropologie chez Eckhart et Nicolas de Cues

Fruit d’une coopération suivie entre deux équipes de recherche française et allemande, ce livre présente, en une pluralité d’approches, une synthèse sur la création et sur l’anthropologie chez Eckhart et Nicolas de Cues, alors que ces deux notions avaient été peu étudiées jusque-là chez les deux auteurs ou n’avaient fait l’objet que d’études spécifiques. Loin de disqualifier la création, Eckhart et Nicolas de Cues montrent, au contraire, sa valeur, à partir d’un commentaire original de la Genèse. Pour illustrer cela, Eckhart introduit l’idée d’une ébullition initiale, il met en évidence le lien entre la création et la Trinité, prend en compte la dimension ontologique de la création, tout en soulignant la dialectique qui lui est inhérente, ce qui a parfois dérouté ses lecteurs. Le commentaire de Genèse 1, 26, de la création de l’être humain à l’image de Dieu est également le point de départ de leur anthropologie, qui n’est pas sans annoncer non plus, sur certains points, la réflexion sur le sujet. Une contribution notable à la recherche est proposée ici. Des questions d’actualité sont posées, ce qui fait aussi l’intérêt de l’ouvrage.

The fruit of a continued cooperation between two research teams, French and German, this book presents a summary of the Creation and anthropology in the works of Eckhart and Nicolas de Cues, using several approaches. These two notions had been little studied in the two authors’ work until present, or at least they had not been the object of specific studies. Far from disqualifying the Creation, Eckhart and Nicolas de Cues, on the contrary, show its value, starting from an original commentary of Genesis. To illustrate this, Eckhart introduces the idea of an initial overflowing, shows the link between the creation and the Trinity, takes account of the ontological dimension of the creation while underlining the inherent dialectic, which has sometimes confused his readers. The commentary of Genesis 1, 26, on the creation of the human being in the image of God, is also a starting point for their anthropology, which in some respects heralds reflection on the subject. This book makes a considerable contribution to research. Topical questions are asked, which makes it all the more interesting.

Zum Subjektbegriff bei Meister Eckhart und Nikolaus von Kues

Ist Nikolaus von Kues Vordenker eines modernen Begriffs von „Subjekt“? Gibt es bei Eckhart ein positiv besetztes Verständnis von Individualität? Fragen wie diese diskutiert der vorliegende Sammelband vor dem Hintergrund, dass auf die Beziehungen zwischen Meister Eckhart und Nikolaus von Kues in der jüngeren Forschung mit Recht verstärkt hingewiesen wird. Er nimmt sich sowohl der systematischen wie der historischen Implikationen des Begriffs „Subjekt“ im Werk beider Denker an. Dabei wird anhand der beiden Schwellenfiguren im Übergang vom Mittelalter zur Neuzeit die zentrale Bedeutung von Meister Eckhart und Nikolaus von Kues für die Wandlung des Begriffs an der Epochenschwelle deutlich.

La Trinité chez Eckhart et Nicolas de Cues

Foyer d’amour, la Trinité manifeste l’originalité du christianisme. Eckhart, Tauler, Suso et Nicolas de Cues l’ont rapidement compris et ils ont fait partager à leurs contemporains les fruits de leur contemplation. Sans se perdre dans les dédales de la spéculation sur la Trinité, ils sont allés à l’essentiel, montrant avant Karl Rahner que « la doctrine de la Trinité n’est pas un subtil jeu d’esprit théologique, mais un énoncé qu’on ne saurait absolument pas éluder et qui signifie que Dieu lui-même, comme le mystère sacré permanent, comme le fondement incompréhensible de l’existence transcendante de l’homme, n’est pas seulement le Dieu d’infinie distance, mais veut être le Dieu d’absolue proximité, en autocommunication vraie » (« Traité fondamental de la foi », p. 162). Pour leur part, ils ont mis en évidence le lien essentiel entre la Trinité et la naissance de Dieu dans l’âme.
C’est toute une réflexion sur la filiation divine qu’ils ont proposée à partir de là. Après l’exil de la Trinité que nous avons connu en Occident pendant plusieurs siècles, la redécouverte des textes des mystiques rhénans et de Nicolas de Cues ouvre de nouvelles voies à la théologie trinitaire et au dialogue œcuménique et permet de mieux comprendre la place centrale de la Trinité dans notre vie.
Ce volume est le fruit de la synergie entre l’Institut für Cusanus Forschung de Trèves et l’Équipe de recherche sur les mystiques rhénans de l’université Paul-Verlaine de Metz, à qui l’on doit déjà « La Naissance de Dieu dans l’âme chez Eckhart et Nicolas de Cues » et « La Prédication et l’Église chez Eckhart et Nicolas de Cues » (Éd. du Cerf, 2006 et 2008).

Christianity’s originality resides in the Trinity, a foyer of love. Eckhart, Tauler, Suso and Nicolas de Cues grasped this quickly and shared the fruit of their contemplation with their peers. Without getting tied up in endless speculation about the Trinity, they went straight to the point, showing before Karl Rahner that ‘the doctrine of the Trinity is not some subtle play of the theological mind, but a statement that cannot be eluded, signifying that God himself, as the permanent sacred mystery and the incomprehensible foundation of man’s transcendent existence, is not only a God of infinite distance, but also seeks to be the God of absolute proximity, in true self-communication,’ (Foundations of Christian Faith p. 162). What they did was to highlight the essential link between the Trinity and the birth of God in the soul.
From that point on, they proposed a complete reflection on divine filiation. After the exile of the Trinity experienced in the West for several centuries, the rediscovery of texts by the Rhineland mystics and Nicolas de Cues has opened new ways to Trinitarian theology and ecumenical dialogue, permitting a deeper understanding of the central place the Trinity occupies in our lives.
This book is the fruit of synergy between the Institut für Cusanus Forschung in Trier and the Rhineland mystics research team of the University Paul-Verlaine in Metz, to whom we owe previous works: ‘La Naissance de Dieu dans l’âme chez Eckhart et Nicolas de Cues’ and ‘La Prédication et l’Église chez Eckhart et Nicolas de Cues’ (Éd. du Cerf, 2006 and 2008).

La Prédication et l’Église chez Maître Eckhart et Nicolas de Cues

Cet ouvrage est une contribution originale aux études eckhartiennes et cuséennes. Il éclaire la prédication, tant allemande que latine, d’Eckhart, qui est rarement envisagée comme telle, et développe les recherches sur la prédication de Nicolas de Cues, dont les 293 sermons viennent tout juste d’être édités par l’Institut für Cusanus Forschung de Trèves.
Ce sont justement les spécialistes de cette Équipe et ceux de l’Équipe de recherche sur les mystiques rhénans de Metz, avec des médiévistes chevronnés, tels Jean-Pierre Torrell et Georg Steer, qui présentent une étude de fond sur la prédication d’Eckhart et de Nicolas de Cues et sur celle de leur prédécesseur, Thomas d’Aquin, et de disciples d’Eckhart, Jean Tauler et Henri Suso. Ces mêmes spécialistes abordent également une autre réalité souvent laissée pour compte : la conception de l’Église d’Eckhart et de Nicolas de Cues. Non seulement ces deux auteurs ont eu un rôle déterminant dans l’Église de leur temps – le premier, par ses différentes charges dans l’Ordre dominicain, le second, en tant que cardinal –, mais ils montrent aussi à quel point l’Esprit Saint est à l’œuvre dans l’Église : Nicolas de Cues anticipe même l’ecclésiologie de Vatican II, en faisant ressortir la plénitude de l’Église dans l’Église locale.

This little book has one clear and precise aim: to pursue the efforts Master Eckhart made when he took the risk of preaching in German, to a poorly-educated audience, those things he taught in Latin to clerics and theologians in Paris. Today, a number of people pursing a profound spiritual quest, or who possess a knowledge of philosophy, are interested in Eckhart; but most believers are not familiar with his work and imagine that his teaching holds no interest for them. In this book, the author addresses the latter; not to offer them an initiation to Master Eckhart, for which they feel no desire, but to make his spiritual teaching accessible to them. All the ideas come from Eckhart’s preaching, but there are no quotations from his texts, for the spirituality of Eckhart only became accessible through re-writing in today’s style and with today’s images. Readers’ testimonies confirm that the objective has been accomplished: many of those who affirm that this book changed something in their spiritual lives are men and women who do not know Eckhart and will never read him in his text: yet they have not been deprived of the liberating force of his preaching.

La naissance de Dieu dans l’âme chez Eckhart et Nicolas de Cues

Un événement vient de marquer les études eckhartiennes, c’est l’identification par Georg Steer des Sermons 101 à 104 d’Eckhart, son cycle sur la naissance de Dieu dans l’âme. Non seulement ce sont les seuls sermons qu’il ait rédigés (les autres étant des notes prises par ses auditeurs), mais ils manifestent aussi que le cœur de l’œuvre d’Eckhart se situe effectivement dans la naissance de Dieu dans l’âme, et non dans le détachement comme on l’a souvent dit.
De plus, ces sermons amènent à revoir la chronologie dans l’œuvre d’Eckhart dans la mesure où ils montrent que dès ses premières années, dès le temps d’Erfurt, la réflexion sur la filiation divine est au centre de sa pensée. Ce sont ces différents enjeux ainsi que leur écho chez Nicolas de Cues qui sont débattus dans cet ouvrage, par les spécialistes d’Eckhart et de Nicolas de Cues.

Noël chez Eckhart et les mystiques rhénans

Ce livre, qui paraît dans les Carnets spirituels, est très différent des autres de cette collection. Par la couverture (détail de la magnifique Nativité de Martin Schongauer) comme par les illustrations qui se trouvent à l’intérieur (sept enluminures, gravures ou vitraux de l’époque des mystiques rhénans). Mais surtout par son propos : à la fois anthologie et essai, ce petit ouvrage, agréable et novateur, passionnera tous ceux qu’intéresse et émerveille la fête de Noël, mais qui ne savent pas bien, au-delà de la naissance de l’Enfant-Dieu, d’où vient cette fête aujourd’hui universellement célébrée et surtout ce qu’elle signifie vraiment.
Eckhart et les mystiques rhénans en ont donné une remarquable expression à partir de la naissance de Dieu dans l’âme, qui est une autre manière de parler avec saint Jean de la filiation divine ou d’affirmer avec saint Irénée que « Dieu s’est fait homme pour que l’homme participe à la vie de Dieu ». C’est ce remarquable approfondissement que reprend Marie-Anne Vannier à partir des trois naissances distinguées par Jean Tauler, sans en oublier les sources chez Origène et les Cisterciens, l’influence sur Angelus Silesius, Nicolas de Cues…
On trouvera également des textes peu connus comme l’admirable hymne de Noël de Tauler , aujourd’hui encore chantée et donnée ici en bilingue : « Voici que nous vient un bateau, / Lourd d’un beau chargement. / Des nuées d’anges l’accompagnent / Et il dresse un grand mât. // Le bateau nous vient glissant, / Le batelet arrive à terre, / Il a ouvert grand le ciel / Et en apporte le fils » (tr. G. Pfister).
Alors que dans les premiers siècles, l’année religieuse est centrée sur Pâques, la fête de Noël, commémorant le 25 décembre la Nativité du Christ, est introduite vers 336 comme début de l’année liturgique et va prendre au Moyen Âge une place de plus en plus importante. Le premier témoignage que nous ayons de la fête de Noël date de 354. Mais c’est principalement avec saint Léon le Grand que la fête de Noël se développe en Occident.
Eckhart et Tauler qui sont avant tout des prédicateurs, s’attachent, comme Léon le Grand à donner à leurs auditeurs de vivre pleinement le mystère de Noël. Ils s’inscrivent dans le cadre liturgique qui, à leur époque est plus élaboré, pour aider leurs contemporains à entrer véritablement dans le mystère de Noël. Aussi ne s’intéressent-ils pas tant à la commémoration historique de l’Incarnation, à l’anniversaire de la naissance du Christ à Bethléem, qu’à son sens théologique et spirituel, ce qui les amène à considérer son origine dans la vie même de la Trinité.
Dans la chrétienté médiévale, où le baptême n’a plus la même importance vitale pour la survie de l’église que dans les premiers siècles, la fête de Noël est ainsi, pour Eckhart et Tauler, l’occasion de rappeler le sens même de la vie chrétienne.