Saint Augustin
Pasteur, théologien et maître spirituel

Saint Augustin (354-430) est l’un des géants de la patristique et plus largement de la civilisation occidentale, car un certain nombre de ses intuitions, comme la place du sujet ou celle de la relation, sont encore fondamentales aujourd’hui.
Parmi les Pères de l’Église, Saint Augustin est celui dont la vie est la mieux connue, car non seulement il a eu un biographe, mais il a également retracé sa biographie spirituelle ou plus précisément l’aventure de sa conversion dans les Confessions.
Après l’avoir situé dans son contexte, celui de l’Afrique du Nord au tournant du IVe et du Ve siècle, l’activité pastorale d’Augustin est tout d’abord explorée. Augustin parle de son expérience de prédicateur à travers la métaphore des anges qui montent et qui descendent, de l’importance de la catéchèse qu’il déploie à propos de l’eucharistie, de sa prédication pour les fêtes et surtout de la clef de sa pastorale, qui est la charité. Il se place ainsi dans la dynamique de l’amour trinitaire qu’il transmet aux autres, ce qui nous amène à envisager son oeuvre de théologien. (suite…)

Saint Augustin. La conversion en acte

Saint Augustin :  Génie de l’humanité, qui s’est penché sur les grandes questions qui se posent aujourd’hui encore, Augustin fait partie des grands convertis. Sa conversion, qui a duré quelque quatorze ans, a marqué sa vie et son oeuvre, lui donnant un dynamisme unique qui appelle une interprétation infinie.
À la différence de l’augusti­nisme qui tendrait à l’enfermer dans tel ou tel discours d’occasion, Augustin n’a cessé de progresser dans sa pensée, comme en témoigne ce livre atypique que sont les Révisions, où, reprenant un à un tous ses écrits, il précise ce qu’il importe d’en retenir et d’y corriger. C’est à la lumière de sa conversion que Marie-Anne Vannier présente la vie et les grandes oeuvres d’Augustin : les Confessions, le De Trinitate, les Commentaires des Psaumes, la Cité de Dieu, ce qui permet de pénétrer plus directement dans l’oeuvre de l’évêque d’Hippone.

Saint Augustin et le mystère trinitaire

Le « De Trinitate » est l’un des ouvrages essentiels de saint Augustin, un de ceux qui lui ont le plus coûté, un de ceux qui ont le plus marqué la pensée médiévale et qui, paradoxalement aujourd’hui, est l’un des moins commentés. Il pose pourtant les questions fondamentales de la théologie trinitaire. Le présent livre est une introduction à la lecture du « De Trinitate » : une présentation générale détaillée, suivie d’un choix de textes.

Saint Augustin et la Bible

S’il est un auteur qui n’a cessé de commenter la Bible tout au long de sa vie et en a tiré ses grandes intuitions théologiques, c’est bien saint Augustin. Or, peu d’études ont été consacrées à la question dans la sphère francophone, en dehors des travaux d’Anne-Marie La Bonnardière.
Aussi, le colloque qui s’est tenu au printemps 2005 à l’université Paul Verlaine de Metz a voulu combler cette lacune, en envisageant non seulement les principes généraux de l’herméneutique augustinienne, mais aussi, dans des analyses de détail, les commentaires que l’évêque d’Hippone a rédigés sur la Genèse, les Psaumes, l’Évangile et la Première Épître de Jean, les Épîtres pauliniennes.

Les Confessions de saint Augustin

Ce livre relève du défi, dans la mesure où les Confessions de S. Augustin, ce classique de la littérature mondiale a déjà été largement commenté et appelle en même temps une interprétation infinie.
Pour en rendre compte, nous avons commencé par rechercher pourquoi les Confessions faisaient partie des classiques. Puis, nous avons fait un bilan des interprétations et des structures qui en ont été proposées et nous avons choisi une clef de lecture qu’Augustin donne lui-même dans l’ouvrage, mais qui n’avait pas été relevée jusqu’ici : la notion de locus. C’est en trouvant son locus, son lieu, l’image de Dieu qui est en lui, qu’Augustin passe du désir de Dieu au repos en Dieu, comme le manifeste la dynamique de l’ouvrage et l’originalité de l’anthropologie qui s’y dessine.
Avec la mise en évidence de la notion de locus, on comprend que les Confessions d’Augustin ne sont pas une simple autobiographie comme celles de Rousseau, mais qu’elles ont un autre enjeu : la genèse du sujet Augustin, sa constitution dans et par son dialogue avec son créateur, dans cet acies mentis. On a dit qu’avec Augustin, le sujet fait son entrée dans l’histoire de la pensée, les Confessions en témoignent, d’où l’actualité d’Augustin, que nous nous sommes attachés à faire ressortir, en proposant un guide de lecture de l’ouvrage, selon les normes de la collection.

Encyclopédie Saint Augustin. La Méditerranée et l’Europe IVe-XXIe siècle

Une contribution substantielle aux études augustiniennes

L’Encyclopédie Augustin constitue un apport substantiel aux Etudes Augustiniennes. Sans doute une entreprise analogue, même plus développée, est-elle réalisée en Allemagne : l’Augustinus Lexikon, mais l’édition en est actuellement à la lettre I, en ayant été commencée il y a une vingtaine d’années (il faudra encore beaucoup de temps pour que l’ensemble soit terminé), alors que L’Encyclopédie Augustin propose un volume achevé de quelque 1500 pages, volume qui sera fort utile non seulement aux étudiants mais aussi à tous ceux qui s’intéressent à S. Augustin et qui trouveront des réponses à leurs interrogations sur les œuvres d’Augustin, les principaux thèmes qu’il a développés, ses interlocuteurs, ses correspondants, ses adversaires, l’influence qui a été la sienne. C’est une véritable somme qui donne des points de repère dans l’immense forêt de l’œuvre et des études augustiniennes, au moment où Augustin est entré dans la Bibliothèque de la Pléiade et a été mis au programme de l’agrégation de philosophie et où, plus largement, on redécouvre l’importance de son œuvre et l’influence qui a été la sienne.
Cet ouvrage bénéficie de l’acquis des recherches les plus récentes des spécialistes d’Augustin au niveau mondial, tout d’abord aux Etats-Unis qui a été son berceau avec le P. Allan Fitzgerald qui en a été le maître-d’œuvre, ensuite en Espagne où il a été traduit pour la première fois, en Italie où, grâce à Luigi Alici, il a été enrichi des différentes recherches dont celles de l’Augustinianum et en France, où il a bénéficié de l’acquis de la prosopographie, tant de l’Afrique chrétienne que de l’Italie et du vaste champ des études augustiniennes, représenté par Henri-Irénée Marrou, André Mandouze, Anne-Marie La Bonnardière, Marie-François Berrouard, Serge Lancel, Goulven Madec, Daniel Dideberg pour ne citer que les plus grands noms…. Même le volet informatique est pris en compte avec l’article : Augustin dans l’espace cybernétique que John O’Donnell a actualisé pour l’édition française. Ainsi peut-on consulter les différents sites augustiniens de par le monde pour actualiser les recherches, qui ne remplacent pas, mais prolongent l’acquis de cette Encyclopédie.

Le portrait d’Augustin

Comme le dit Serge Lancel dans sa Préface à l’édition française, cette Encyclopédie est comme une mosaïque où se dessine le portrait d’Augustin, d’un Augustin débarrassé des fausses images, des clichés qui ont jeté le discrédit sur son œuvre pour retrouver le dynamisme originel de sa pensée, tout comme nous avons essayé de laisser apparaître son image dans le cahier iconographique et comme vous pouvez le voir sur les posters, en particulier cette fresque du Latran qui serait son portrait le plus authentique.
Sur ce plan, le titre de l’édition française appelle quelques explications. Comme l’Encyclopédie ne traite pas seulement des avatars de l’augustinisme (d’Augustin à travers les âges pour traduire littéralement le titre américain), mais comme elle vise à situer Augustin dans son contexte pour mettre en évidence son originalité, en fonction des auteurs qu’il a réinterprétés, et pour faire ressortir son influence, nous avons préféré faire allusion au monde qui a été le sien : la Méditerranée et au pays qu’il a principalement marqué de son empreinte : l’Europe, d’où le sous-titre : La Méditerranée et l’Europe IV°-XXI° siècles.
C’est à la fois d’Augustin qu’il est question, de sa pensée, de son expérience qu’il a su universaliser grâce à la Bible pour lui donner une dimension universelle, comme on le voit dès les Confessions. En donnant une sorte d’interprétation infinie de l’Ecriture qui en dégage les éléments théologiques essentiels, il a largement marqué de son empreinte les siècles ultérieurs, comme le montre Luigi Alici qui ne peut malheureusement pas être des nôtres aujourd’hui. On dit souvent que c’est avec S. Augustin que la subjectivité a fait son entrée dans l’histoire de la pensée et c’est vrai. Sans doute entend-on la subjectivité au sens moderne du terme, alors que le sujet augustinien a une autre signification. Ce n’est pas encore le sujet cartésien ni hegelien bien qu’Augustin soit apparemment à l’origine du cogito de Descartes et qu’il n’ait pas été sans influencer Hegel. C’est d’abord le sujet en dialogue avec Dieu et constitué par ce dialogue même. En termes contemporains, on parlerait du sujet constitué par l’altérité dans l’intersubjectivité, mais Augustin ignorait ce vocabulaire, même si la réalité lui était familière. Or, cette altérité est à la fois celle de Dieu, manifesté par l’Ecriture et celle des autres.

Creatio, conversio, formatio chez S. Augustin

Ce livre met en évidence un schème décisif de la pensée augustinienne, schème qui avait été laissé pour compte jusque-là et qui a été largement repris depuis lors, ce qui a impliqué une seconde édition augmentée de l’ouvrage. Non seulement Augustin exprime par là sa compréhension de la création, le lien entre la création et son accomplissement, mais il met en même temps en place l’un des axes fondamentaux de son anthropologie.
En étudiant ce schème, nous avons été amenée à étudier les sources de la pensée d’Augustin (en particulier son rapport au néoplatonisme) et la réinterprétation qu’il en propose. Depuis lors, cette recherche a été complétée par un certain nombre d’articles sur les différentes composantes de ce schème et sur les relectures qui en ont été proposées, ainsi que sur son enjeu pour l’oeuvre d’Eckhart.