Lire les Pères de l’Église

L’Anthologie part de l’acquis du Nouveau Manuel de Patristique (Artège 2024) qu’elle vient compléter sans le reprendre, en proposant les textes-clefs des différents Pères. Rien ne remplace, en effet, la lecture directe des textes, dont l’interprétation est parfois infinie, comme celle des Confessions d’Augustin. Il n’est cependant pas toujours possible d’avoir une bibliothèque à sa disposition et une introduction est précieuse et sert de table d’orientation afin de lire les textes de référence. C’est aussi une chance d’avoir des spécialistes de chaque Père qui ouvrent les trésors de leurs œuvres au lecteur, en allant d’emblée à l’essentiel, ce qui évite, par exemple, de se perdre dans le dédale des polémiques, qui étaient utiles à l’époque, mais qui ne nous concernent plus directement. Lire la suite

Orient – Occident

Existait-il un endroit plus propice pour mesurer et débattre de la question des relations entre les anciennes Églises orientales et l’Église catholique romaine que ce monastère de Chevetogne, siège d’une communauté bénédictine fondée par dom Lambert Beauduin en 1925, il y a donc cent ans ? Il est en effet rare de trouver un lieu où la réflexion intellectuelle et la vie commune puissent s’interpeller au fil d’une session répartie sur trois journées : ce fut le cas durant cette 33e session de notre Carrefour d’histoire religieuse.Le thème choisi, Orient-Occident, qui a rassemblé une bonne cinquantaine de participants et 25 intervenants a permis d’abord de mesurer l’importance de l’apprentissage et de l’expérience oecuménique d’une communauté bénédictine notamment grâce aux contributions des moines eux-mêmes. Lire la suite

Commentaire de l’Évangile de Jean

Le Commentaire de l’Évangile de Jean est le plus volumineux et le dernier des commentaires bibliques de Maître Eckhart, rédigé probablement lors du deuxième magistère parisien (1311-1313), puis remanié petit à petit lors de son séjour à Strasbourg, puis à Cologne. Il constitue le sommet de l’œuvre mystique de l’auteur et développe notamment l’idée que la grâce, après la grâce de la création et de l’Incarnation, est celle de la divinisation, de la filiation divine.
Dieu opère en effet grâce sur grâce (Jn 1, 16) : en Marie, la naissance de Dieu dans l’âme a précédé la naissance de Dieu dans la chair, mais en nous l’Incarnation a rendu possible l’inhabitation divine. Lire la suite

Transformés en son image

Cet ouvrage, qui se réalise en l’honneur de la professeure Marie-Anne Vannier, dans
une perspective interdisciplinaire, réunit les experts sur les grands thèmes qu’elle a parcourus: les Pères de l’Église, les mystiques rhénans et Nicolas de Cues, les études juives et orthodoxes, l’histoire de la mystique et la réflexion systématique sur la relation entre théologie et mystique en centrant les propos autour de la conformation au Christ. L’ouvrage prend en compte des recherches récentes et se déploie comme une étude originale de théologie mystique, structuré comme un parcours historique qui s’étend des origines judéo-chrétiennes à nos jours, et se termine par des réflexions systématiques sur la relation entre théologie et mystique.

Découvrir les Pères de l’Eglise

Redécouverts au milieu du XXe siècle, les Pères de l’Église bénéficient aujourd’hui d’un certain nombre de traductions françaises, en particulier grâce à la collection « Sources chrétiennes ». Ils contribuent au renouvellement de la théologie, de l’anthropologie, de l’ecclésiologie, de la théologie trinitaire…, et ont un rôle important dans le dialogue oecuménique…, mais ils ne sont pas toujours connus avec précision.
Parmi les présentations d’ensemble qui en ont été faites, les unes, comme celle de Johannes Quasten : Initiation aux Pères de l’Église, en quatre volumes aux éditions du Cerf, se caractérisent par leur rigueur scientifique, d’autres, comme celle de S. Gabriel Peters : Lire les Pères de l’Église aux éditions DDB, s’attachent à donner le goût de lire les Pères de l’Église. Ces deux publications sont aujourd’hui épuisées.
En faisant appel aux spécialistes reconnus des différents Pères, ce nouveau Manuel de Patristique reprend les deux optiques, en alliant la rigueur scientifique du Quasten, en prenant en compte les recherches les plus récentes, et en montrant, en même temps, que les Pères de l’Église sont nos Pères dans la foi et nos frères dans la vie de l’Esprit.
C’est là un ouvrage de référence, qui situe les Pères dans leur contexte, qui présente l’apport de leurs oeuvres. C’est un outil de travail pour les étudiants et pour tous ceux qui s’intéressent aux Pères.

Emission radio RCF

L’apport de l’oeuvre latine de Maître Eckhart

Si Maître Eckhart fait aujourd’hui partie des best sellers, c’est en raison des fulgurances de son OEuvre allemande. En revanche, son OEuvre latine (L’oeuvre tripartite) est le plus souvent ignorée. Elle constitue pourtant le soubassement de sa pensée, sa « Somme théologique ». Cet oubli tient à plusieurs raisons : sa transmission
lacunaire, le manque de traductions, en particulier en français, la complexité de l’ouvrage.
Après avoir contribué à faire connaître cette OEuvre latine en traduisant en français les ouvrages qui sont parvenus jusqu’à nous, nous en dégageons désormais l’enjeu, l’apport théologique. Le présent ouvrage constitue un tournant dans les études eckhartiennes. Le lecteur y découvrira à quel point l’OEuvre latine est le creuset de l’oeuvre allemande, mais aussi comment les grandes thèses de l’OEuvre allemande (la naissance de Dieu l’âme, la justice, l’image…) sont déjà présentes dans l’OEuvre latine. Cette dernière est, en fait, dans sa partie morale, « matière à sermons » (Commentaire de Jean, n. 707).
Nous envisageons également le rôle-clef de Nicolas de Cues, non seulement dans la transmission de l’oeuvre eckhartienne, mais aussi dans sa relecture, qui met en évidence son apport spécifique et son actualité.

Prier quinze jours avec les Pères du désert

Les Pères du désert nous semblent proches par leurs apophtegmes, mais il est difficile  de les présenter individuellement, tant ils sont nombreux. On connaît peu de choses de leur vie, car s’ils se sont retirés au désert, c’était pour rester dans l’anonymat. C’est le message qui compte, non celui qui l’a prononcé. La paternité spirituelle est leur caractéristique, comme le manifeste la question qui leur est souvent
posée : « Abba, dis-moi une parole. » Leur temps de retraite au désert leur a donné une capacité à discerner ce qui est utile aux autres et à le leur dire, afin de les
aider dans leur vie.
Les Pères ont souvent une dimension charismatique, tant ils sont habités par l’Esprit Saint. Leur vie austère les porte au coeur des luttes humaines, leur quête d’humilité les rend proches et nous parle aujourd’hui. Abba Antoine dit : « Il y a des gens qui ont broyé leur corps dans l’ascèse, mais, pour avoir manqué de discernement, ils se sont éloignés de Dieu. »

Maître ECKHART – Commentaire du Livre de l’Exode

Nombreux sont ceux qui connaissent ou croient connaître l’œuvre d’Eckhart après avoir lu quelques-uns des sermons qu’il a prononcés en langue allemande, mais la lecture de l’œuvre latine fait découvrir le véritable fonds d’où proviennent les textes les plus connus d’Eckhart.
Il ne faut donc pas s’attendre à lire dans ce Commentaire du Livre de l’Exode une explication détaillée des lieux et du parcours suivi par le peuple juif dans le désert. De cela il n’est pas question, pas plus que de l’idée de l’exil.
L’objectif est autre : il ne s’agit pas de commenter un texte, mais d’entendre la Parole de Dieu.
Cela suppose d’aller au-delà de notre compréhension des images et concepts, pour les recueillir comme des paraboles pleines de la sagesse divine.
Ce commentaire s’inscrit dans la perspective de L’œuvre tripartite, où Eckhart s’attache à comprendre la nature de Dieu, la puritas essendi, qui est le quatrième point de son programme de prédication, ce qui l’amène à dire que l’être est Dieu et à s’attacher au commentaire d’Exode 3, 14, dont il donne une interprétation originale, à partir de l’image de la bullitio.

Prier quinze jours avec Maître Eckhart

Maître Eckhart était l’intellectuel de référence du XIVe siècle, un Lesemeister, disait-on à son époque. Il s’est illustré à l’Université de Paris, a fondé la mystique rhénane et il a remarquablement compris le motif de l’Incarnation. Mais il a été aussi et avant tout un homme de prière, donné tout entier à Dieu, qui est devenu pour les autres un Lebemeister, un père spirituel, qui s’est attaché à « transmettre aux autres les fruits de sa contemplation ». Cet aspect de son oeuvre a été assez peu étudié jusqu’ici, or il en constitue le sous-bassement. C’est, en effet, dans un dialogue constamment renouvelé avec Dieu qu’Eckhart a mûri les grandes orientations de son oeuvre, qu’il a vécu cette réalité centrale qu’est la filiation divine et qu’il en a rendu compte à partir de la naissance de Dieu dans l’âme.
Ce livre présente l’avantage de montrer que la prière, la relation au Christ et à la Trinité est véritablement le creuset de l’oeuvre d’Eckhart, ce qui permet de mieux le comprendre.

Maître Eckhart, lecteur des Pères grecs

Maître Eckhart a été un grand lecteur des Pères de l’Église, qui étaient les auctoritates, les autorités auxquelles il se référait pour commenter l’Écriture. Mais, si les textes des Pères latins lui étaient directement accessibles, il n’en allait pas de même pour les  Pères grecs qui demandaient à être traduits. Il a disposé d’un certain nombre de traductions et d’outils de travail, comme la Catena aurea de S. Thomas d’Aquin. Ils seront identifiés par des spécialistes dans cet ouvrage, ce qui permettra de comprendre comment Eckhart a lu Origène, Jean Chrysostome, Maxime le Confesseur, Jean Damascène… et de préciser l’interprétation qu’il en a donnée, ce qui amènera à rechercher pourquoi il a eu recours aux Pères grecs et quelle a été leur influence pour la version occidentale de la divinisation qu’il a proposée avec la naissance de Dieu dans l’âme. Lire la suite

Les Pères du désert

Les Pères du désert nous semblent proches par leurs apophtegmes, mais il est difficile de les présenter individuellement, tant ils sont nombreux. On connaît peu de choses de leur vie car, s’ils se sont retirés au désert, c’était pour rester dans l’anonymat. C’est le message qui compte, non celui qui l’a prononcé. La paternité spirituelle est leur caractéristique, comme le manifeste la question qui leur est souvent posée : « Abba, dis-moi une parole. »
Leur temps de retraite au désert leur a donné une capacité à discerner ce qui est utile aux autres et à le leur dire, afin de les aider dans leur vie. Les Pères ont souvent une dimension charismatique tant ils sont habités par l’Esprit Saint. Leur vie austère les porte au cœur des luttes humaines et leur quête d’humilité les rend proches et nous parle aujourd’hui. Abba Antoine dit : « Il y a des gens qui ont broyé leur corps dans l’ascèse, mais, pour avoir manqué de discernement, ils se sont éloignés de Dieu. »

Maître Eckhart, lecteur des Pères latins

Ce livre envisage un aspect encore peu connu de l’œuvre de maître Eckhart : sa lecture des Pères latins. Un certain nombre de sources de la pensée eckhartienne ont déjà été étudiées, mais le fait qu’il cite, par exemple, Augustin quelques 5000 fois dans son œuvre n’a pas été beaucoup retenu. Or, un dialogue s’est effectué entre les deux auteurs par-delà les siècles, dialogue qui a infléchi la pensée du Thuringien.

Dans le cadre du projet ANR-17-FRAL–0002 TEAPREA (Teaching and PreachingwithPatristicauctoritates. Meister Eckhart in France and Germany, past and  present), nous réalisons une étude systématique des sources patristiques d’Eckhart, ce qui donnera lieu à la publication d’un Index, regroupant ces sources. Lire la suite

Judaïsme et christianisme au Moyen Âge

Les rapports entre Judaïsme et christianisme au Moyen Âge ont été souvent présentés comme conflictuels. Or, il n’en a pas toujours été ainsi. Aussi cet ouvrage s’attache-t-il à mettre en évidence la synergie entre Judaïsme et christianisme à cette époque. Des auteurs comme Maïmonide et Eckhart ont, sur ce plan, un rôle décisif.

 

La joie et la liberté chez Eckhart et Nicolas de Cues

Meister Eckhart und Nikolaus von Kues sind beide als Denker der Freiheit bekannt. Gleichwohl existieren nur verhältnismäßig wenige Untersuchungen zu dieser Thematik. Der vorliegende Band wählt die Verbindung von Freiheit und Freude als Perspektive. Damit ist eine Verbindung gewonnen, welche sowohl für den Meister Eckharts mystisches Denken wie auch für die Anthropologie einer “viva imago Dei” des Nikolaus von Kues zentral ist. Insbesondere die jeweiligen Predigt-Werke von Eckhart und Cusanus stehen dabei im Mittelpunkt, aber der Band diskutiert auch Kontext und Rezeption dieses Freiheitsdenkens im Übergang von Mittelalter und Neuzeit. Der Band dokumentiert eine gleichnamige internationale Konferenz mit französischen, deutschen und englischen Beiträgen. Lire la suite

Saint Augustin
Pasteur, théologien et maître spirituel

Saint Augustin (354-430) est l’un des géants de la patristique et plus largement de la civilisation occidentale, car un certain nombre de ses intuitions, comme la place du sujet ou celle de la relation, sont encore fondamentales aujourd’hui.
Parmi les Pères de l’Église, Saint Augustin est celui dont la vie est la mieux connue, car non seulement il a eu un biographe, mais il a également retracé sa biographie spirituelle ou plus précisément l’aventure de sa conversion dans les Confessions.
Après l’avoir situé dans son contexte, celui de l’Afrique du Nord au tournant du IVe et du Ve siècle, l’activité pastorale d’Augustin est tout d’abord explorée. Augustin parle de son expérience de prédicateur à travers la métaphore des anges qui montent et qui descendent, de l’importance de la catéchèse qu’il déploie à propos de l’eucharistie, de sa prédication pour les fêtes et surtout de la clef de sa pastorale, qui est la charité. Il se place ainsi dans la dynamique de l’amour trinitaire qu’il transmet aux autres, ce qui nous amène à envisager son oeuvre de théologien. Lire la suite

Nicolas de Cues
Un Européen avant la lettre

Nicolas de Cues se situe à l’aube de la modernité. Plus qu’aucun autre penseur, il a donné une impulsion décisive et durable à la philosophie, aux sciences humaines et naturelles. Si les hommes d’aujourd’hui sont toujours, « comme des nains sur les épaules des géants », selon la formule de Bernard de Chartres, il va de soi que le philosophe et cardinal Nicolas de Cues est l’un de ces géants.

Nikolaus von Kues: Die Großregion als Denk- und Lebensraum

Cusanus war ein Deutscher, der früh Europäer wurde, seinen Mittelpunkt in Rom hatte, aber seine Herkunft nicht verlor“, schrieb Karl Jaspers. Der vorliegende Band widmet sich unter verschiedenen Perspektiven der Bedeutung der Großregion zwischen Deutschland, Frankreich, Luxemburg und den Niederlanden für Denken und Wirken des Nikolaus von Kues (1401-1464). Auch das Verhältnis zu Italien und der italienischen Renaissance wird behandelt. Auf einen einführenden Beitrag zu Cusanus als Mentor Europas folgen Aufsätze u.a. zu theologischen, philosophischen, kulturellen, geographischen und künstlerischen Bezügen und Entwicklungen, in denen Nikolaus von Kues wesentliche Anregungen für die entstehende frühe Neuzeit Europas gegeben hat. Lire la suite

Les chemins spirituels dans la mystique rhénane et la Devotio Moderna

Si la notion de chemin spirituel est à peu près absente chez Eckhart et se trouve plutôt  remplacée par celle de percée et d’esprit libre, elle est, en revanche, développée par son disciple Henri Suso, tant dans l’Exemplar que dans L’horloge de la Sagesse et elle sera largement reprise dans la Devotio moderna. Aussi cet ouvrage s’interroge-t-il sur l’enjeu de cette mutation, sur le passage d’une réflexion ontologique et anthropologique à une pratique et sur les conséquences de ce transfert. Lire la suite

Maître Eckhart prédicateur

Maître Eckhart est souvent connu par ses Sermons allemands, qui expriment la force et de l’actualité de sa prédication, mais qui sont lacunaires dans la mesure où ils sont constitués de notes prises par ses auditeurs. Ils n’en manifestent pas moins l’orientation de l’œuvre de ce penseur majeur du XIVe siècle qui est la prédication, comme en témoigne d’ailleurs sa vie, qu’il est désormais possible de reconstituer, et cet ouvrage s’attache à le faire, de manière originale. Lire la suite

Mystique rhénane et Devotio moderna

Immédiatement, on tendrait à penser que la mystique rhénane et la Devotio moderna sont deux domaines séparés. L’histoire n’a pas été sans impliquer ce malentendu, dans la mesure où la Devotio moderna a immédiatement eu une influence importante, au point de marquer fortement l’Occident, en particulier avec l’Imitation de Jésus-Christ, alors que l’Interdit a pesé sur la mystique rhénane, qui n’est redécouverte que depuis les années 1950, ce qui a fait oublier, en même temps, son influence sur la Devotio moderna. Or, celle-ci aurait-elle existé sans la mystique rhénane ? Qu’en a-t-elle retenu ? Comment l’a-t-elle transmis ? Tel est l’objet de cet ouvrage.

Henri Suso – L’horloge de la sagesse

Ouvrage le plus lu d’Henri Suso, L’Horloge de la Sagesse a connu un succès analogue à L’imitation de Jésus-Christ. Mais, ce livre, paradoxalement, n’était plus accessible en français, d’où l’intérêt de cette nouvelle traduction.
Ainsi pourra-t-on voir comment Henri Suso, ce disciple de maître Eckhart, propose un chemin spirituel, axé sur l’imitation du Christ dans sa Passion, dont L’horloge marque les différentes heures dans la journée.

Avec cet ouvrage, qui reprend en latin le Petit Livre de la Sagesse éternelle, Suso se présente comme le Serviteur de la Sagesse éternelle et prépare déjà le tournant de la mystique rhénane à la Devotio moderna.
Pour la première fois, L’Horloge de la Sagesse est publié avec l’essentiel de l’iconographie qui lui a été consacrée, non seulement dans le manuscrit de Bruxelles, mais aussi dans nombre d’autres manuscrits, qui en scandent les différentes étapes.
Henri Suso (1295-1366) est l’un des mystiques rhénans. Il passe la majeure partie de sa vie à Constance, où il entre au Couvent des Dominicains, avant d’être envoyé à Ulm en 1347/1348. Sa Vie est retracée dans l’Exemplar. Lire la suite

Maître Eckhart et Nicolas Cabasilas : Un dialogue par-delà les siècles

Le rapport entre Eckhart et Nicolas Cabasilas n’a jamais été étudié jusqu’ici. Or, les convergences et la complémentarité entre l’œuvre de ces auteurs est étonnante. Elle s’inscrit dans le cadre du projet MSHL DEMO. Au XIV° siècle, à une époque où il en était peu question, l’un et l’autre ont développé une réflexion sur la divinisation, Eckhart en partant de l’anthropologie, Cabasilas de la mystagogie. Par le fait même, Eckhart a dévoilé à tous les plus hautes réalités, ce qui lui a été reproché lors de son procès. Quant à Cabasilas, c’est en tant que laïc qu’il a envisagé la question, ce qui était rare à l’époque.

Irénikon

Renouveau patristique et œcuménisme

Les Pères de l’Église sont le trésor de l’Église indivise et ils ont toujours permis d’opérer un discernement dans les dialogues oecuméniques.
Aujourd’hui, alors que le renouveau des études patristiques est réel, tant sur le plan de l’édition critique, des traductions que des commentaires, sans oublier la redécouverte de  textes d’Origène, d’Augustin, de Chromace d’Aquilée…, les Pères peuvent avoir un rôle accru dans le dialogue oecuménique, comme le montre, par exemple, le document de la Commission mixte orthodoxecatholique sur Le mystère de l’Église et de l’eucharistie à la lumière de la sainte Trinité. Ils permettent de reprendre ensemble le commentaire
de l’Écriture, les grandes questions théologiques…, d’où leur actualité.
OEuvre de patrologues engagés dans le dialogue oecuménique, cet ouvrage aborde un certain nombre de questions actuelles, comme l’ecclésiologie de communion et ouvre les voies de l’unité.

Meister Eckhart in Paris and Strasbourg

This volume considers important aspects of Eckhart’s life and teaching from the point of view of his multiple stays in Paris, as well as his time in Strasbourg. The Paris section is a collection of papers given at the meeting on 28-30 May 2010, in Paris, and the Strasbourg section is a collection of papers given at a conference on 19-20 September 2013, in Strasbourg, to mark the 700th anniversary of the arrival of Meister Eckhart in Strasbourg. The two events that these papers witness to are only a small selection from what has become a major issue of debate in recent years with respect to understanding and placing Eckhart in the context of his day.

Maître Eckhart, Livre des Paraboles de la Genèse

Traduit pour la première fois en français, le Livre des Paraboles de la Genèse est un ouvrage essentiel de Maître Eckhart, où l’on retrouve les grands thèmes de son œuvre : Dieu est un et trine, l’image de Dieu en l’homme ne peut être perdue. À l’instar de saint Augustin, Eckhart, Magister in Sacra Pagina et prédicateur, reprend plusieurs fois son commentaire de la Genèse pour en dégager le véritable sens. Sa méthode parabolique, empruntée à Maïmonide, n’a qu’un but : rendre ce texte fondamental de l’Écriture accessible à tous.

Emission Radio

Hildegarde de Bingen. Une visionnaire et une femme d’action

La Lumière du XII ième siècle, femme de talent, en musique, en botanique, en médecine, Hildegarde de Bingen est connue par les visions qu’elle a eues tout au long de sa vie et qui lui ont donné de comprendre intuitivement le sens des événements.
Après une présentation de sa vie et de son oeuvre, en particulier de son triptyque visionnaire, Marie-Anne Vannier présente ses principaux textes et une sélection des reproductions de ses visions.

L’humilité chez les mystiques rhénans et Nicolas de Cues

Vertu fondamentale, mais également ressort anthropologique et ontologique, l’humilité a été paradoxalement peu étudiée jusqu’ici.
 Cet ouvrage vient remédier à cette lacune, en envisageant trois groupes d’auteurs : Hildegarde de Bingen, les mystiques rhénans et Nicolas de Cues qui ont fait ressortir l’enjeu décisif de l’humilité, à la suite de S. Augustin, de S. Benoît, des Pères du désert…
Non seulement, la Huitième vision du Livre des œuvres divines d’Hildegarde de Bingen montre que l’humilité a ses racines dans la fontaine de vie, mais Eckhart va encore plus loin en expliquant qu’elle est le centre de gravité de la vie qui donne à chacun sa véritable place et lui permet de s’accomplir.
Reprenant l’acquis de ses prédécesseurs, Nicolas de Cues présente l’humilité comme forme de connaissance, il souligne aussi l’humilité du langage…, autant dire que le sujet est multiforme et décisif, sans oublier les échos iconographiques chez Hildegarde de Bingen, Henri Suso et Nicolas de Cues.

Obwohl sie eine grundlegende Tugend ist und ihr auch anthropologische und ontologische Dynamik innewohnt, wurde Demut paradoxerweise bisher wenig untersucht. Das vorliegende Buch wird diesen Mangel beheben, indem es drei Gruppen von Autoren in den Blick nimmt: Hildegard von Bingen, die Rheinischen Mystiker und Nikolaus von Kues, die entscheidende Frage der Demut nach S. Augustinus, S. Benedikt und den Wüstenvätern wieder hervorgehoben haben.
Die achte Vision des Buches der göttlichen Werke von Hildegard von Bingen zeigt, dass Demut in dem Brunnen des Lebens verwurzelt ist. Eckhart geht noch weiter und erklärt, dass Demut der Schwerpunkt des Lebens ist, indem sie einem jeden Menschen seinen richtigen Platz und seine Erfüllung gibt.
Cusanus nimmt die Gedanken seiner Vorgänger auf und beschreibt Demut als eine Art von Wissen; er unterstreicht auch die Demut von Sprache. All dieses bedeutet, dass das Thema vielfältig und wichtig ist, wobei man die ikonografischen Niederschläge bei Hildegard von Bingen und Heinrich Seuse nicht vergessen darf.

Judaïsme et christianisme chez les Pères

L’attitude des Pères de l’Eglise par rapport au Judaïsme est beaucoup plus complexe qu’on l’a pensé, elle se situe dans la continuité sur le plan de l’héritage et dans la rupture sur le plan pratique.
Cet ouvrage, qui reprend les Actes du colloque sur Les rapports entre judaïsme et christianisme dans l’Antiquité tardive, qui s’est tenu à Metz les 21 et 22 octobre 2014 en synthèse du projet : Judaïsme et christianisme chez les Pères (MSH Lorraine). Il s’inscrit dans un domaine en plein renouvellement : celui des frontières entre judaïsme et christianisme dans les premiers siècles. Il présente les recherches les plus récentes sur la question, dont celles de Simon Claude Mimouni, de José Costa, d’Emmanuel Friedheim, de Régis Burnet…, qui nous amènent à voir que les Pères de l’Église ont principalement discuté avec le judaïsme synagogal et non pas tellement avec le mouvement rabbinique. Ce livre prend en compte les travaux du Groupe CNRS de la Bible d’Alexandrie qui montrent comment une différence de traduction induit une différence d’interprétation. Un travail de première main est également réalisé pour préciser comment les Pères, dont Ignace, Ambroise, Augustin … se sont situés par rapport au judaïsme.

Table des Matières

Marie-Anne VANNIER
Le projet JECP dans les recherches actuelles sur les rapports entre judaïsme et christianisme
dans les premiers siècles

Simon C. MIMOUNI
Les frères jumeaux (christianisme et judaïsme) ou les frères triplets (christianisme, judaïsme et rabbinisme) ?
Nouvelles perspectives sur une éternelle question

Steeve BÉLANGER
La « croisée des chemins » (= Parting of the Ways) entre le « judaïsme » et le « christianisme » anciens :
un débat insoluble ? Quelques remarques historiographiques, épistémologiques et terminologiques
sur la recherche actuelle en histoire du « judaïsme » et du « christianisme » anciens

José COSTA
Judaïsme synagogal et christianisme

Emmanuel FRIEDHEIM
Le milieu rabbinique face aux diversités sociales et religieuses en Palestine romaine
du Ier au IVe siècle de notre ère

Cécile DOGNIEZ
« Au milieu de deux vivants, tu seras connu » :
lectures juive et chrétienne d’Habacuc 3, 2C

Régis BURNET
Gamaliel, un docteur de la loi au secours des apôtres

Alexandre et Cécile FAIVRE
Note sur judaïsme et christianisme dans le corpus ignacien

Gérard NAUROY
Ambroise de Milan face au judaïsme, entre héritage et polémique

Pierluigi LANFRANCHI
L’usage des émotions dans la polémique anti-juive.
L’exemple des discours contre les Juifs de Jean Chrysostome

Gérard RÉMY
Jean Chrysostome, interprète de Romains 9-11.
Un regard chrétien sur les Juifs et les Gentils

Alban MASSIE
Les Juifs dans l’évangile de Jean selon Saint Augustin.
Le rôle de la loi et celui de la grâce

Isabelle BOCHET
Judaïsme et christianisme dans les livres 17 à 19 du
Contra Faustum manichaeum d’Augustin

Jacques ELFASSI
Le livre d’Isaïe dans De fide catholica contra iudaeos d’Isidore de Séville : analyse de quelques passages 243

Géraldine ROUX
La voie allégorique chez Maïmonide et Maître Eckhart

Index

En savoir plus…

Les visions d’Hildegarde de Bingen dans le Livre des œuvres divines

Avec Hadewijch d’Anvers et Catherine de Sienne, Hildegarde de Bingen est une des trois grandes mystiques qui ont marqué la spiritualité du Moyen Âge. Elle est restée d’une étonnante modernité, notamment par sa vision « écologique » avant la lettre – ses recettes de médecine par les plantes sont redevenues à la mode.
Sa vision, cette femme aux multiples talents l’a exprimée à travers des créations picturales qui illustrent ses livres. Une dizaine de ces peintures accompagnent l’original du Livre des oeuvres divines, son grand classique. Ces images remarquables nous montrent un Homme christique en totale harmonie avec le Cosmos. Marie-Anne Vannier, spécialiste des mystiques rhénans, en décrypte la symbolique des formes et des couleurs, et montre comment ces oeuvres s’enracinent très précisément dans une mystique de l’harmonie.

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Judaïsme et christianisme dans les commentaires patristiques des Psaumes

Cet ouvrage renouvelle les études relatives aux commentaires patristiques des Psaumes, en prenant en compte l’apport du Judaïsme que les Pères connaissaient et qui marque leur interprétation du texte biblique, ne serait-ce que par le texte de la Septante qui sert de référence aux Pères grecs.
Alors que l’on parle souvent de l’antijudaïsme des Pères de l’Église, les commentaires de l’Écriture qu’ils ont proposés, et en particulier ceux des Psaumes, montrent, au contraire, à quel point les Pères étaient marqués par le Judaïsme, dans leurs méthodes d’exégèse.
Sans doute les Psaumes sont-ils davantage encore l’héritage commun du Judaïsme et du christianisme, comme l’a compris Augustin, qui entend, dans les Psaumes d’Asaph, la voix de la synagogue. Il n’en demeure pas moins que cet héritage commun permet une synergie entre les deux communautés, comme en témoigne, de manière éloquente, Maxime le Confesseur dans son Commentaire du Psaume 136, en dépit des différences d’interprétation qui existent.

Cheminer avec maître Eckhart. Au cœur de l’anthropologie chrétienne

Parmi toutes les religions et même parmi les monothéismes, le christianisme a un statut unique : c’est la seule religion où Dieu a pris un visage humain. Nous y sommes habitués, mais, pour nos contemporains, pour notre société sécularisée, c’est un point essentiel à redécouvrir, une chance énorme dont on n’a pas toujours conscience et qui ouvre encore un chemin pour l’homme d’aujourd’hui.
Avec l’Incarnation, un pas de plus est franchi : la filiation divine nous est donnée. Cet ouvrage exprime, en langage contemporain, l’essentiel de l’anthropologie chrétienne, qui est fondée dans la christologie et dans la théologie trinitaire. En s’appuyant sur maître Eckhart, qui va au coeur de l’anthropologie chrétienne, en invitant, à la suite de Maxime le Confesseur, à «devenir par grâce ce que Dieu est par nature», l’auteur montre combien l’anthropologie chrétienne reste une chance pour notre époque.

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Emission Radio 

Maître ECKHART, Commentaire du Livre de la Sagesse

Ce livre constitue la première traduction française du Commentaire de la Sagesse. C’est un événement pour les études eckhartiennes, dans la mesure où il rend accessible une oeuvre majeure d’Eckhart, en la situant dans son contexte : celui de l’enseignement parisien du Thuringien, et en en dégageant ses enjeux.
Illustrant l’unité organique de l’oeuvre tripartite, qui est partiellement perdue, le Commentaire de la Sagesse nous donne une idée de cette grande synthèse théologique où, à partir de l’Écriture, qu’il lit en tenant compte de l’apport de Maïmonide et des Pères, Eckhart apporte une contribution originale à l’anthropologie. Articulée autour de la figure du juste, son anthropologie est fondée sur une ontologie théologale, où il envisage le passage de la création à la création nouvelle et explique que la Trinité rend possible la naissance de Dieu dans l’âme.
Cet ouvrage présente également l’intérêt d’être l’un des seuls commentaires complets du Livre de la Sagesse, même s’il en retient principalement quatre-vingt-onze passages. Et pour en rendre compte, Eckhart s’appuie sur l’acquis de ses prédécesseurs : principalement Augustin et Maïmonide, et il apparaît même comme l’un des meilleurs lecteurs d’Augustin au Moyen Âge.
Dans ce Commentaire, Eckhart passe de la sagesse philosophique à la sagesse théologique pour en venir à la sagesse mystique.

Der Bildbegriff bei Meister Eckhart und Nikolaus von Kues

Der Bildbegriff stellt im Denken der Rheinischen Mystiker und bei Nikolaus von Kues einen zentralen Verständnisschlüssel da. Systematisch spannt der Begriff ein Feld zwischen Anthropologie, Malerei und theologischer Gotteslehre auf. So lautet die cusanische Bestimmung des Menschen, er sei ein „lebendiges Bild Gottes“. Die Lebendigkeit dieses Bildes kommt speziell in seinem Verhältnis zu Gott zum Ausdruck; es ist von Seiten des Menschen aus als ein Erkenntnisweg zu beschreiben, bei dem Selbst- und Gotteserkenntnis einander bedingen. Beide Seiten dieses Bildverständnisses sind ein wesentliches Thema der Wechselbeziehungen zwischen diesen philosophisch-theologischen Positionen und der Malerei der Zeit. Der vorliegende Band eröffnet exemplarische Perspektiven auf diese Dimensionen des Bildbegriffs zwischen Meister Eckhart und Nikolaus von Kues.

Intellect, sujet, image chez Eckhart et Nicolas de Cues

Il s’avérait utile et même urgent de voir comment les trois concepts d’intellect, de sujet et d’image s’articulent dans la vie et dans l’oeuvre d’Eckhart et de Nicolas de Cues et quelle a été l’influence d’Eckhart sur le Cusain. Tel est le sens du projet franco-allemand qui a été mené dans le cadre de la MSH Lorraine, projet qui est unique en son genre. Son double but était de mettre en évidence le caractère décisif du rapport entre les trois concepts pour l’anthropologie et pour la théorie de la connaissance dans la modernité et de montrer que la production du regard intérieur est l’oeuvre à la fois du sujet créateur et de l’intellect qui regarde, ce qui témoigne du caractère novateur et décisif de ce projet, qui a également des conséquences actuelles.
Pour ce faire, nous sommes partis du concept de sujet, ce qui nous a amenés à voir comment Eckhart et Nicolas de Cues étaient précurseurs des philosophies du sujet, comment celui-ci se situe dans le cadre de la noétique et quelle place est donnée à l’image, à la Bild qui, dans sa polysémie, amène à une relecture de l’oeuvre d’Eckhart et de Nicolas de Cues.

Les saints sépulcres alsaciens

Monuments uniques et imposants, réalisés entre le XIVe et le XVIe siècles, les saints sépulcres de la vallée du Rhin s’inscrivent dans un mouvement général, tout en se caractérisant par leur originalité.
S’il y a un seul tombeau du Christ – le Saint Sépulcre de Jérusalem – à la suite des pèlerinages en Terre Sainte, puis au retour des croisades et en lien avec elles, ceux qui y sont allés ou qui ne pouvaient s’y rendre ont fait construire dans leurs églises, en Europe, des saints sépulcres pour commémorer le mystère pascal.
Marqués par la mystique rhénane, les saints sépulcres de la vallée du Rhin servent pour les drames liturgiques de Pâques et en expriment le sens.

Judaïsme et christianisme dans les commentaires patristiques de la Genèse

Les commentaires patristiques de la Genèse ont été fréquemment étudiés, car ils s’inscrivent dans le cadre de la catéchèse baptismale et articulent création et création nouvelle. En revanche, les chercheurs ont très peu, voire pas du tout, envisagé l’influence du Judaïsme sur ces commentaires.
Or, ne serait-ce que par le texte de la Septante qui sert de référence aux Pères grecs, l’influence du Judaïsme y est présente, ce qui amène à une autre compréhension des premiers mots du texte. S’y ajoute la place de Philon d’Alexandrie, les méthodes exégétiques issues du Judaïsme.
C’est donc une nouvelle manière d’aborder ces commentaires qui est proposée dans cet ouvrage, fruit d’un programme de recherche de la MSH Lorraine, qui renouvelle l’étude de ces textes et montre quelles ont été les interactions entre Judaïsme et christianisme dans l’Antiquité tardive.

La christologie et la Trinité chez les Pères

Cet ouvrage unique en son genre contribue considérablement à la recherche patristique. Reprenant les écrits d’un certain nombre de spécialistes, il rend véritablement compte de la perspective des Pères de l’Église qui ne dissociaient pas la christologie et la théologie trinitaire, comme en témoigne la formule de Nicée de 325, qui affirme la consubstantialité, l’identité de nature entre le Père et le Fils. En effet, l’apport du concile de Nicée est non seulement christologique, dans la mesure où la divinité du Fils est mise en évidence, mais il est aussi trinitaire, ce que l’on oublie souvent, car le Fils est l’un de la Trinité.
À partir de l’étude précise des Pères tant grecs que latins, d’Irénée à Léon le Grand sans oublier la réception d’Isidore de Séville et la relecture contemporaine par un auteur comme Hans Urs von Balthasar, cet ouvrage donne un large panorama de la manière dont les Pères comprenaient le Christ et la Trinité. Leur réflexion est encore d’actualité : à l’heure du dialogue interreligieux, ils permettent de saisir le sens de ce monothéisme trinitaire qu’est le christianisme et le message de vie, d’espérance et de salut qu’il propose.

La Christologie chez les mystiques rhénans et Nicolas de Cues

La christologie des mystiques rhénans est souvent laissée pour compte, quand on ne leur reproche pas de ne pas en proposer. Or, Eckhart a su dégager le sens de la christologie et l’importance de la conformation au Christ. Il est, avec Nicolas de Cues, l’un de ceux qui sont allés le plus loin dans l’approfondissement de la filiation divine. Tauler a repris et développé sa perspective. Suso a davantage envisagé le Christ à partir de la figure de la Sagesse éternelle. Force est de constater que les mystiques rhénans et Nicolas de Cues ont proposé une christologie solide, qui est l’axe de leur œuvre et qu’il importe de redécouvrir.
Cet ouvrage, fruit de la coopération entre l’Équipe de recherche sur les mystiques rhénans de l’université de Lorraine et le Cusanus Institut de Trêves, invite à cette redécouverte.

Nicolas de Cues – Anthologie

Nicolas de Cues est un auteur encore peu connu du public français. Maurice de Gandillac a été le premier à le faire sortir de l’ombre en traduisant ses textes. Or le Cusain est un auteur majeur qui a assuré le passage du Moyen Age à la Renaissance. C’est, en quelque sorte, le premier des humanistes, un théologien incontournable, un esprit universel qui s’intéresse aussi bien au droit qu’aux mathématiques, à l’astronomie, à la philosophie, ou à l’action sociale, comme en témoigne le célèbre hôpital qu’il a fait construire à Bernkastel-Kues pour accueillir les plus démunis. Même s’il opte pour la spéculation, il a le souci de rendre ses idées accessibles à tous, comme en témoigne le célèbre jeu de la boule, ou encore la référence à l’icône qu’il propose pour amener les fidèles à l’expérience de la vision de Dieu.
La présente anthologie, inédite en français, ne présente pas seulement l’ouvrage classique de Nicolas de Cues qu’est la « Docte Ignorance », mais offre un large choix de textes donnant une idée des différentes facettes de ce grand précurseur de la modernité.

Nicolas de Cues is an author as yet unfamiliar to the French public. Maurice de Gandillac was the first to rescue him from obscurity by translating his texts. Yet Nicolas de Cues is a major author who ensured the transition from the Middle Ages to the Renaissance. He was, in some ways, the first humanist, a major theologian and a universal spirit who was interested as much in law as in mathematics, astronomy, philosophy and social action, as demonstrated by the famous hospital he had built at Bernkastel-Kues to shelter the very poor. Even if he opted for speculation, he took care to make his ideas accessible to everyone, as seen in his celebrated ‘Game of Spheres’ (De ludo globi), and in the reference to the icon he proposed to give the faithful an experience of the vision of God.
The present anthology, published in French for the first time, contains not only Nicolas de Cues’ classic work De Docta Ignorantia, but also a wide range of texts that convey the different facets of this great precursor of modernity.

Prier quinze jours avec S. Hildegarde de Bingen

Hildegarde de Bingen est peut-être l’une des femmes mystiques les plus appréciées aujourd’hui. Elle a excellé dans tous les domaines : la botanique, la médecine, la théologie, la musique, la cuisine… Elle est encore plus connue en Allemagne où elle est appelée sainte Hildegarde et sa médecine par les plantes y est largement reprise. Hildegarde est une mystique d’un type particulier, c’est une visionnaire. Elle a marqué son époque, le XIIe siècle. Ses visions lui ont donné d’agir sur l’Eglise et la société de son temps, pour lesquelles elle a été, en quelque sorte, une prophétesse.
Ses visions, en particulier celles de la création et de la Trinité, sont encore parlantes aujourd’hui et la manière dont elle les transcrit est très pédagogique, car elle les rapporte, les explique et en donne un écho pictural. Hildegarde, souvent appelée « la sybille du Rhin », n’est pas sans lien avec la mystique rhénane, comme le montre le Sermon de Jean Tauler pour la Dédicace, où il commente une vision d’Hildegarde de Bingen pour faire comprendre le sens de l’humilité et de la divinisation.

Version numérique disponible

 

Traduction en slovaque : 15 dni so svätou Hildegardou z Bingenu, Bratislava, 2013.

Zum Intellektverständnis bei Meister Eckhart und Nikolaus von Kues

Der Intellektbegriff im Übergang zwischen Mittelalter und früher Neuzeit ist von einer systematischen Tragweite, die sowohl das umfasst, was man Mystik zu nennen gewohnt ist, wie auch den Bereich, welcher als Vorläufer der modernen Naturwissenschaft bezeichnet wird. An der Entwicklung des Intellektverständnisses von Meister Eckhart zu Nikolaus von Kues wird deutlich, dass aufgrund des Intellekts Mystik keine Spiritualität ohne Rationalität ist und Naturwissenschaft sich nicht auf die rationale oder mathematische Verarbeitung quantitativer Phänomene beschränken muss. Zudem ist es für Eckhart und Cusanus der Intellekt, welcher es dem Menschen ermöglicht, sich in Freiheit selbst zu konstituieren.
Die Beiträge des Bandes zeigen die Bedeutung des Intellektverständnisses der beiden Denker für Vorbereitung und Ausbildung der Anthropologie und des Wissenschaftsverständnisses der frühen Neuzeit.

Encyclopédie des mystiques rhénans d’Eckhart à Nicolas de Cues et leur réception

« Ce volume, qui est la première étude systématique d’Eckhart et de Nicolas de Cues, portera beaucoup de fruits dans les décennies à venir. Sans chercher à opposer pas plus qu’à identifier ces deux auteurs, la présentation qui en est faite, en lien avec leurs sources et leur influence, met en évidence le réseau complexe des relations entre eux, de manière tout à fait nouvelle et ouvre ainsi de larges champs à la recherche. C’est pourquoi, l'”Encyclopédie des mystiques rhénans d’Eckhart à Nicolas de Cues et leur réception” est une contribution originale à la recherche sur la pensée du Moyen Âge tardif et un apport substantiel à l’histoire de la philosophie et de la théologie médiévales.
Les lecteurs trouveront dans ses pages tout un déploiement – une nourriture pour la pensée, pas seulement à propos des grands luminaires de la tradition médiévale, mais aussi pour des questions qui continuent à se poser à tous ceux qui s’interrogent sur le sens de Dieu et de l’humanité. » [Bernard McGinn, Université de Chicago, Préface].
Cette « Encyclopédie » est au cœur d’un ensemble d’ouvrages, constitué notamment par deux « Anthologies », l’une des mystiques rhénans, l’autre de Nicolas de Cues, ainsi que d’un volume sur « L’Iconographie des mystiques rhénans ». Vladimir Lossky, lui qui a présenté magistralement la « Théologie mystique de l’Église d’Orient » et rédigé sa thèse en Sorbonne sur Eckhart, reconnaissait dans l’œuvre de celui-ci « l’apogée de la théologie mystique de l’Église d’Occident ». C’est également l’originalité et la profondeur des textes d’Eckhart (souvent appelé le plus grand mystique du Moyen Âge), de Jean Tauler, d’Henri Suso et de Nicolas de Cues, qui nous ont fait donner ce titre à cette vaste entreprise franco-allemande, qui rassemble une centaine d’auteurs.

Avec la collaboration de : Bernard McGinn, Harald Schwaetzer, Klaus Reinhardt, Marie-Anne Vannier, Walter Andreas Euler

Saint Augustin. La conversion en acte

Saint Augustin :  Génie de l’humanité, qui s’est penché sur les grandes questions qui se posent aujourd’hui encore, Augustin fait partie des grands convertis. Sa conversion, qui a duré quelque quatorze ans, a marqué sa vie et son oeuvre, lui donnant un dynamisme unique qui appelle une interprétation infinie.
À la différence de l’augusti­nisme qui tendrait à l’enfermer dans tel ou tel discours d’occasion, Augustin n’a cessé de progresser dans sa pensée, comme en témoigne ce livre atypique que sont les Révisions, où, reprenant un à un tous ses écrits, il précise ce qu’il importe d’en retenir et d’y corriger. C’est à la lumière de sa conversion que Marie-Anne Vannier présente la vie et les grandes oeuvres d’Augustin : les Confessions, le De Trinitate, les Commentaires des Psaumes, la Cité de Dieu, ce qui permet de pénétrer plus directement dans l’oeuvre de l’évêque d’Hippone.

La création et l’anthropologie chez Eckhart et Nicolas de Cues

Fruit d’une coopération suivie entre deux équipes de recherche française et allemande, ce livre présente, en une pluralité d’approches, une synthèse sur la création et sur l’anthropologie chez Eckhart et Nicolas de Cues, alors que ces deux notions avaient été peu étudiées jusque-là chez les deux auteurs ou n’avaient fait l’objet que d’études spécifiques. Loin de disqualifier la création, Eckhart et Nicolas de Cues montrent, au contraire, sa valeur, à partir d’un commentaire original de la Genèse. Pour illustrer cela, Eckhart introduit l’idée d’une ébullition initiale, il met en évidence le lien entre la création et la Trinité, prend en compte la dimension ontologique de la création, tout en soulignant la dialectique qui lui est inhérente, ce qui a parfois dérouté ses lecteurs. Le commentaire de Genèse 1, 26, de la création de l’être humain à l’image de Dieu est également le point de départ de leur anthropologie, qui n’est pas sans annoncer non plus, sur certains points, la réflexion sur le sujet. Une contribution notable à la recherche est proposée ici. Des questions d’actualité sont posées, ce qui fait aussi l’intérêt de l’ouvrage.

The fruit of a continued cooperation between two research teams, French and German, this book presents a summary of the Creation and anthropology in the works of Eckhart and Nicolas de Cues, using several approaches. These two notions had been little studied in the two authors’ work until present, or at least they had not been the object of specific studies. Far from disqualifying the Creation, Eckhart and Nicolas de Cues, on the contrary, show its value, starting from an original commentary of Genesis. To illustrate this, Eckhart introduces the idea of an initial overflowing, shows the link between the creation and the Trinity, takes account of the ontological dimension of the creation while underlining the inherent dialectic, which has sometimes confused his readers. The commentary of Genesis 1, 26, on the creation of the human being in the image of God, is also a starting point for their anthropology, which in some respects heralds reflection on the subject. This book makes a considerable contribution to research. Topical questions are asked, which makes it all the more interesting.

Zum Subjektbegriff bei Meister Eckhart und Nikolaus von Kues

Ist Nikolaus von Kues Vordenker eines modernen Begriffs von „Subjekt“? Gibt es bei Eckhart ein positiv besetztes Verständnis von Individualität? Fragen wie diese diskutiert der vorliegende Sammelband vor dem Hintergrund, dass auf die Beziehungen zwischen Meister Eckhart und Nikolaus von Kues in der jüngeren Forschung mit Recht verstärkt hingewiesen wird. Er nimmt sich sowohl der systematischen wie der historischen Implikationen des Begriffs „Subjekt“ im Werk beider Denker an. Dabei wird anhand der beiden Schwellenfiguren im Übergang vom Mittelalter zur Neuzeit die zentrale Bedeutung von Meister Eckhart und Nikolaus von Kues für die Wandlung des Begriffs an der Epochenschwelle deutlich.

La Création chez les Pères

S’il y a aujourd’hui un regain d’intérêt pour la Création, à la suite des découvertes de l’astrophysique, les Pères, pour des raisons différentes dues au contexte où ils vivaient,
ont largement réfléchi sur ce sujet et ont développé toute une théologie de la Création.
À la suite du colloque du même nom qui s’est tenu à Metz en novembre 2008, des spécialistes présentent dans cet ouvrage les thèses de ces différents auteurs, aussi bien les plus connus comme Irénée, Ambroise, Augustin que d’autres moins célèbres à l’image des Pères syriaques, autant de textes qu’il est bon de revisiter et qui ne manquent pas d’actualité.
À partir d’une exégèse des premiers chapitres de la Genèse, réalisée avec différentes méthodes, les Pères sont souvent passés d’une interprétation cosmologique à une interprétation anthropologique de la Création, centrée sur le commentaire de Genèse 1, 26 : la Création de l’être humain à l’image et à la ressemblance de Dieu.

Les Mystiques rhénans – Anthologie : Eckhart, Tauler, Suso

Les principaux textes de maître Eckhart, de Jean Tauler et d’Henri Suso sont réunis pour la première fois, en un seul volume, depuis que le corpus  des mystiques rhénans est édité. Une présentation substantielle de chaque auteur, des introductions explicatives et des orientations bibliographiques font de cette Anthologie un outil de travail qui complète L’encyclopédie des mystiques rhénans et permet de restituer les traits et les caractéristiques de  la mystique rhénane, articulée autour de la filiation divine.

Traduction Italienne : I mistici renani : Eckhart, Taulero, Suso. Antologia, Milan, Jaca Book, 2013.

Saint Augustin et le mystère trinitaire

Le « De Trinitate » est l’un des ouvrages essentiels de saint Augustin, un de ceux qui lui ont le plus coûté, un de ceux qui ont le plus marqué la pensée médiévale et qui, paradoxalement aujourd’hui, est l’un des moins commentés. Il pose pourtant les questions fondamentales de la théologie trinitaire. Le présent livre est une introduction à la lecture du « De Trinitate » : une présentation générale détaillée, suivie d’un choix de textes.

La Trinité chez Eckhart et Nicolas de Cues

Foyer d’amour, la Trinité manifeste l’originalité du christianisme. Eckhart, Tauler, Suso et Nicolas de Cues l’ont rapidement compris et ils ont fait partager à leurs contemporains les fruits de leur contemplation. Sans se perdre dans les dédales de la spéculation sur la Trinité, ils sont allés à l’essentiel, montrant avant Karl Rahner que « la doctrine de la Trinité n’est pas un subtil jeu d’esprit théologique, mais un énoncé qu’on ne saurait absolument pas éluder et qui signifie que Dieu lui-même, comme le mystère sacré permanent, comme le fondement incompréhensible de l’existence transcendante de l’homme, n’est pas seulement le Dieu d’infinie distance, mais veut être le Dieu d’absolue proximité, en autocommunication vraie » (« Traité fondamental de la foi », p. 162). Pour leur part, ils ont mis en évidence le lien essentiel entre la Trinité et la naissance de Dieu dans l’âme.
C’est toute une réflexion sur la filiation divine qu’ils ont proposée à partir de là. Après l’exil de la Trinité que nous avons connu en Occident pendant plusieurs siècles, la redécouverte des textes des mystiques rhénans et de Nicolas de Cues ouvre de nouvelles voies à la théologie trinitaire et au dialogue œcuménique et permet de mieux comprendre la place centrale de la Trinité dans notre vie.
Ce volume est le fruit de la synergie entre l’Institut für Cusanus Forschung de Trèves et l’Équipe de recherche sur les mystiques rhénans de l’université Paul-Verlaine de Metz, à qui l’on doit déjà « La Naissance de Dieu dans l’âme chez Eckhart et Nicolas de Cues » et « La Prédication et l’Église chez Eckhart et Nicolas de Cues » (Éd. du Cerf, 2006 et 2008).

Christianity’s originality resides in the Trinity, a foyer of love. Eckhart, Tauler, Suso and Nicolas de Cues grasped this quickly and shared the fruit of their contemplation with their peers. Without getting tied up in endless speculation about the Trinity, they went straight to the point, showing before Karl Rahner that ‘the doctrine of the Trinity is not some subtle play of the theological mind, but a statement that cannot be eluded, signifying that God himself, as the permanent sacred mystery and the incomprehensible foundation of man’s transcendent existence, is not only a God of infinite distance, but also seeks to be the God of absolute proximity, in true self-communication,’ (Foundations of Christian Faith p. 162). What they did was to highlight the essential link between the Trinity and the birth of God in the soul.
From that point on, they proposed a complete reflection on divine filiation. After the exile of the Trinity experienced in the West for several centuries, the rediscovery of texts by the Rhineland mystics and Nicolas de Cues has opened new ways to Trinitarian theology and ecumenical dialogue, permitting a deeper understanding of the central place the Trinity occupies in our lives.
This book is the fruit of synergy between the Institut für Cusanus Forschung in Trier and the Rhineland mystics research team of the University Paul-Verlaine in Metz, to whom we owe previous works: ‘La Naissance de Dieu dans l’âme chez Eckhart et Nicolas de Cues’ and ‘La Prédication et l’Église chez Eckhart et Nicolas de Cues’ (Éd. du Cerf, 2006 and 2008).

Les Pères et la naissance de l’ecclésiologie

Les Pères de l’Église ont reçu de leurs communautés leur nom d’« abba », en signe de reconnaissance pour le rôle vivificateur qu’ils y ont eu. Ils se sont attachés à réaliser l’unité  de celles-ci et ils ont développé cette ecclésiologie de communion, issue de l’Écriture, ecclésiologie à laquelle nous revenons aujourd’hui. Sans doute n’ont-ils pas fondé l’Église, qui vient de la Trinité, mais ils l’ont façonnée et édifiée, de l’extérieur et de l’intérieur, à partir de l’enseignement du Christ, transmis par les apôtres. Ils lui ont donné ses structures, ils ont mis en place les ministères, organisé la liturgie, introduit le symbolisme sacramentel… Ils ont donné une place centrale au mystère pascal, à partir duquel ils ont construit l’année liturgique. Bâtisseurs de l’Église, les Pères l’ont été à leur époque, à la suite des apôtres ; ils ont également donné des orientations, qui ont été une impulsion pour leurs successeurs. En les lisant, nous sommes comme le scribe de l’Évangile « qui tire de son trésor du neuf et de l’ancien » (Mt 13, 52) pour développer l’ecclésiologie du XXIe siècle. Cette composante de l’œuvre patrologique, peu explorée encore, a fait l’objet d’un colloque à l’université de Metz en mars 2008 dont nous présentons ici les actes.

La Prédication et l’Église chez Maître Eckhart et Nicolas de Cues

Cet ouvrage est une contribution originale aux études eckhartiennes et cuséennes. Il éclaire la prédication, tant allemande que latine, d’Eckhart, qui est rarement envisagée comme telle, et développe les recherches sur la prédication de Nicolas de Cues, dont les 293 sermons viennent tout juste d’être édités par l’Institut für Cusanus Forschung de Trèves.
Ce sont justement les spécialistes de cette Équipe et ceux de l’Équipe de recherche sur les mystiques rhénans de Metz, avec des médiévistes chevronnés, tels Jean-Pierre Torrell et Georg Steer, qui présentent une étude de fond sur la prédication d’Eckhart et de Nicolas de Cues et sur celle de leur prédécesseur, Thomas d’Aquin, et de disciples d’Eckhart, Jean Tauler et Henri Suso. Ces mêmes spécialistes abordent également une autre réalité souvent laissée pour compte : la conception de l’Église d’Eckhart et de Nicolas de Cues. Non seulement ces deux auteurs ont eu un rôle déterminant dans l’Église de leur temps – le premier, par ses différentes charges dans l’Ordre dominicain, le second, en tant que cardinal –, mais ils montrent aussi à quel point l’Esprit Saint est à l’œuvre dans l’Église : Nicolas de Cues anticipe même l’ecclésiologie de Vatican II, en faisant ressortir la plénitude de l’Église dans l’Église locale.

This little book has one clear and precise aim: to pursue the efforts Master Eckhart made when he took the risk of preaching in German, to a poorly-educated audience, those things he taught in Latin to clerics and theologians in Paris. Today, a number of people pursing a profound spiritual quest, or who possess a knowledge of philosophy, are interested in Eckhart; but most believers are not familiar with his work and imagine that his teaching holds no interest for them. In this book, the author addresses the latter; not to offer them an initiation to Master Eckhart, for which they feel no desire, but to make his spiritual teaching accessible to them. All the ideas come from Eckhart’s preaching, but there are no quotations from his texts, for the spirituality of Eckhart only became accessible through re-writing in today’s style and with today’s images. Readers’ testimonies confirm that the objective has been accomplished: many of those who affirm that this book changed something in their spiritual lives are men and women who do not know Eckhart and will never read him in his text: yet they have not been deprived of the liberating force of his preaching.

De la résurrection à la naissance de Dieu dans l’âme

« Pourquoi Dieu s’est-il fait homme ? Pour que Dieu naisse dans l’âme et que l’âme naisse en Dieu. C’est pour cela que toute l’Écriture est écrite, c’est pour cela que Dieu a créé le monde et toute la nature angélique : afin que Dieu naisse dans l’âme et que l’âme naisse en Dieu. » Certains, par une lecture incomplète ou trop orientée, ont reproché à Maître Eckhart de ne pas développer la christologie et d’oublier la Trinité mais, à lire ses textes, force est de constater que le Christ est omniprésent dans ses écrits, même s’il ne le mentionne pas toujours explicitement.
Pour Maître Eckhart, en effet, c’est la configuration au Christ qui nous amène au cœur même de la Trinité. Et c’est la Pâque du Seigneur qui permet cette double naissance de Dieu dans l’âme et de l’âme en Dieu. L’enseignement sur la Pâque d’Eckhart s’articule autour de ces trois questions : pour qui cette Pâque est-elle préparée ? – pour tous les chrétiens ! – où l’est-elle ? – dans l’Église et en chacun ! – quels en sont les fruits ? – la résurrection avec le Christ, la divinisation ! Ces trois questions ne sont pas sans annoncer les trois autres questions qui scanderont, plus tard, le cycle d’enseignement d’Eckhart sur la naissance de Dieu dans l’âme : comment se produit cette naissance ? où ? quels en sont les fruits ? La Résurrection et la naissance de Dieu dans l’âme ne sont, en réalité, que les deux volets d’une même réalité : la filiation divine.

Saint Augustin et la Bible

S’il est un auteur qui n’a cessé de commenter la Bible tout au long de sa vie et en a tiré ses grandes intuitions théologiques, c’est bien saint Augustin. Or, peu d’études ont été consacrées à la question dans la sphère francophone, en dehors des travaux d’Anne-Marie La Bonnardière.
Aussi, le colloque qui s’est tenu au printemps 2005 à l’université Paul Verlaine de Metz a voulu combler cette lacune, en envisageant non seulement les principes généraux de l’herméneutique augustinienne, mais aussi, dans des analyses de détail, les commentaires que l’évêque d’Hippone a rédigés sur la Genèse, les Psaumes, l’Évangile et la Première Épître de Jean, les Épîtres pauliniennes.

Les Confessions de saint Augustin

Ce livre relève du défi, dans la mesure où les Confessions de S. Augustin, ce classique de la littérature mondiale a déjà été largement commenté et appelle en même temps une interprétation infinie.
Pour en rendre compte, nous avons commencé par rechercher pourquoi les Confessions faisaient partie des classiques. Puis, nous avons fait un bilan des interprétations et des structures qui en ont été proposées et nous avons choisi une clef de lecture qu’Augustin donne lui-même dans l’ouvrage, mais qui n’avait pas été relevée jusqu’ici : la notion de locus. C’est en trouvant son locus, son lieu, l’image de Dieu qui est en lui, qu’Augustin passe du désir de Dieu au repos en Dieu, comme le manifeste la dynamique de l’ouvrage et l’originalité de l’anthropologie qui s’y dessine.
Avec la mise en évidence de la notion de locus, on comprend que les Confessions d’Augustin ne sont pas une simple autobiographie comme celles de Rousseau, mais qu’elles ont un autre enjeu : la genèse du sujet Augustin, sa constitution dans et par son dialogue avec son créateur, dans cet acies mentis. On a dit qu’avec Augustin, le sujet fait son entrée dans l’histoire de la pensée, les Confessions en témoignent, d’où l’actualité d’Augustin, que nous nous sommes attachés à faire ressortir, en proposant un guide de lecture de l’ouvrage, selon les normes de la collection.

Eckhart à Strasbourg

Cet ouvrage, commandé par la ville de Strasbourg, à l’occasion du colloque de la Meister Eckhart Gesellschaft, s’attache à retracer le séjour d’Eckhart à Strasbourg entre 1313/1314 et 1324, pour lequel on a peu d’indices, et à en dégager l’acquis, en particulier sur le plan anthropologique.

La naissance de Dieu dans l’âme chez Eckhart et Nicolas de Cues

Un événement vient de marquer les études eckhartiennes, c’est l’identification par Georg Steer des Sermons 101 à 104 d’Eckhart, son cycle sur la naissance de Dieu dans l’âme. Non seulement ce sont les seuls sermons qu’il ait rédigés (les autres étant des notes prises par ses auditeurs), mais ils manifestent aussi que le cœur de l’œuvre d’Eckhart se situe effectivement dans la naissance de Dieu dans l’âme, et non dans le détachement comme on l’a souvent dit.
De plus, ces sermons amènent à revoir la chronologie dans l’œuvre d’Eckhart dans la mesure où ils montrent que dès ses premières années, dès le temps d’Erfurt, la réflexion sur la filiation divine est au centre de sa pensée. Ce sont ces différents enjeux ainsi que leur écho chez Nicolas de Cues qui sont débattus dans cet ouvrage, par les spécialistes d’Eckhart et de Nicolas de Cues.

Encyclopédie Saint Augustin. La Méditerranée et l’Europe IVe-XXIe siècle

Une contribution substantielle aux études augustiniennes

L’Encyclopédie Augustin constitue un apport substantiel aux Etudes Augustiniennes. Sans doute une entreprise analogue, même plus développée, est-elle réalisée en Allemagne : l’Augustinus Lexikon, mais l’édition en est actuellement à la lettre I, en ayant été commencée il y a une vingtaine d’années (il faudra encore beaucoup de temps pour que l’ensemble soit terminé), alors que L’Encyclopédie Augustin propose un volume achevé de quelque 1500 pages, volume qui sera fort utile non seulement aux étudiants mais aussi à tous ceux qui s’intéressent à S. Augustin et qui trouveront des réponses à leurs interrogations sur les œuvres d’Augustin, les principaux thèmes qu’il a développés, ses interlocuteurs, ses correspondants, ses adversaires, l’influence qui a été la sienne. C’est une véritable somme qui donne des points de repère dans l’immense forêt de l’œuvre et des études augustiniennes, au moment où Augustin est entré dans la Bibliothèque de la Pléiade et a été mis au programme de l’agrégation de philosophie et où, plus largement, on redécouvre l’importance de son œuvre et l’influence qui a été la sienne.
Cet ouvrage bénéficie de l’acquis des recherches les plus récentes des spécialistes d’Augustin au niveau mondial, tout d’abord aux Etats-Unis qui a été son berceau avec le P. Allan Fitzgerald qui en a été le maître-d’œuvre, ensuite en Espagne où il a été traduit pour la première fois, en Italie où, grâce à Luigi Alici, il a été enrichi des différentes recherches dont celles de l’Augustinianum et en France, où il a bénéficié de l’acquis de la prosopographie, tant de l’Afrique chrétienne que de l’Italie et du vaste champ des études augustiniennes, représenté par Henri-Irénée Marrou, André Mandouze, Anne-Marie La Bonnardière, Marie-François Berrouard, Serge Lancel, Goulven Madec, Daniel Dideberg pour ne citer que les plus grands noms…. Même le volet informatique est pris en compte avec l’article : Augustin dans l’espace cybernétique que John O’Donnell a actualisé pour l’édition française. Ainsi peut-on consulter les différents sites augustiniens de par le monde pour actualiser les recherches, qui ne remplacent pas, mais prolongent l’acquis de cette Encyclopédie.

Le portrait d’Augustin

Comme le dit Serge Lancel dans sa Préface à l’édition française, cette Encyclopédie est comme une mosaïque où se dessine le portrait d’Augustin, d’un Augustin débarrassé des fausses images, des clichés qui ont jeté le discrédit sur son œuvre pour retrouver le dynamisme originel de sa pensée, tout comme nous avons essayé de laisser apparaître son image dans le cahier iconographique et comme vous pouvez le voir sur les posters, en particulier cette fresque du Latran qui serait son portrait le plus authentique.
Sur ce plan, le titre de l’édition française appelle quelques explications. Comme l’Encyclopédie ne traite pas seulement des avatars de l’augustinisme (d’Augustin à travers les âges pour traduire littéralement le titre américain), mais comme elle vise à situer Augustin dans son contexte pour mettre en évidence son originalité, en fonction des auteurs qu’il a réinterprétés, et pour faire ressortir son influence, nous avons préféré faire allusion au monde qui a été le sien : la Méditerranée et au pays qu’il a principalement marqué de son empreinte : l’Europe, d’où le sous-titre : La Méditerranée et l’Europe IV°-XXI° siècles.
C’est à la fois d’Augustin qu’il est question, de sa pensée, de son expérience qu’il a su universaliser grâce à la Bible pour lui donner une dimension universelle, comme on le voit dès les Confessions. En donnant une sorte d’interprétation infinie de l’Ecriture qui en dégage les éléments théologiques essentiels, il a largement marqué de son empreinte les siècles ultérieurs, comme le montre Luigi Alici qui ne peut malheureusement pas être des nôtres aujourd’hui. On dit souvent que c’est avec S. Augustin que la subjectivité a fait son entrée dans l’histoire de la pensée et c’est vrai. Sans doute entend-on la subjectivité au sens moderne du terme, alors que le sujet augustinien a une autre signification. Ce n’est pas encore le sujet cartésien ni hegelien bien qu’Augustin soit apparemment à l’origine du cogito de Descartes et qu’il n’ait pas été sans influencer Hegel. C’est d’abord le sujet en dialogue avec Dieu et constitué par ce dialogue même. En termes contemporains, on parlerait du sujet constitué par l’altérité dans l’intersubjectivité, mais Augustin ignorait ce vocabulaire, même si la réalité lui était familière. Or, cette altérité est à la fois celle de Dieu, manifesté par l’Ecriture et celle des autres.

Noël chez Eckhart et les mystiques rhénans

Ce livre, qui paraît dans les Carnets spirituels, est très différent des autres de cette collection. Par la couverture (détail de la magnifique Nativité de Martin Schongauer) comme par les illustrations qui se trouvent à l’intérieur (sept enluminures, gravures ou vitraux de l’époque des mystiques rhénans). Mais surtout par son propos : à la fois anthologie et essai, ce petit ouvrage, agréable et novateur, passionnera tous ceux qu’intéresse et émerveille la fête de Noël, mais qui ne savent pas bien, au-delà de la naissance de l’Enfant-Dieu, d’où vient cette fête aujourd’hui universellement célébrée et surtout ce qu’elle signifie vraiment.
Eckhart et les mystiques rhénans en ont donné une remarquable expression à partir de la naissance de Dieu dans l’âme, qui est une autre manière de parler avec saint Jean de la filiation divine ou d’affirmer avec saint Irénée que « Dieu s’est fait homme pour que l’homme participe à la vie de Dieu ». C’est ce remarquable approfondissement que reprend Marie-Anne Vannier à partir des trois naissances distinguées par Jean Tauler, sans en oublier les sources chez Origène et les Cisterciens, l’influence sur Angelus Silesius, Nicolas de Cues…
On trouvera également des textes peu connus comme l’admirable hymne de Noël de Tauler , aujourd’hui encore chantée et donnée ici en bilingue : « Voici que nous vient un bateau, / Lourd d’un beau chargement. / Des nuées d’anges l’accompagnent / Et il dresse un grand mât. // Le bateau nous vient glissant, / Le batelet arrive à terre, / Il a ouvert grand le ciel / Et en apporte le fils » (tr. G. Pfister).
Alors que dans les premiers siècles, l’année religieuse est centrée sur Pâques, la fête de Noël, commémorant le 25 décembre la Nativité du Christ, est introduite vers 336 comme début de l’année liturgique et va prendre au Moyen Âge une place de plus en plus importante. Le premier témoignage que nous ayons de la fête de Noël date de 354. Mais c’est principalement avec saint Léon le Grand que la fête de Noël se développe en Occident.
Eckhart et Tauler qui sont avant tout des prédicateurs, s’attachent, comme Léon le Grand à donner à leurs auditeurs de vivre pleinement le mystère de Noël. Ils s’inscrivent dans le cadre liturgique qui, à leur époque est plus élaboré, pour aider leurs contemporains à entrer véritablement dans le mystère de Noël. Aussi ne s’intéressent-ils pas tant à la commémoration historique de l’Incarnation, à l’anniversaire de la naissance du Christ à Bethléem, qu’à son sens théologique et spirituel, ce qui les amène à considérer son origine dans la vie même de la Trinité.
Dans la chrétienté médiévale, où le baptême n’a plus la même importance vitale pour la survie de l’église que dans les premiers siècles, la fête de Noël est ainsi, pour Eckhart et Tauler, l’occasion de rappeler le sens même de la vie chrétienne.

Anthropos laïkos

Mélanges Alexandre Faivre à l’occasion de ses 30 ans d’enseignement

La Communion trinitaire

La théologie trinitaire a connu un remarquable essor de l’époque patristique au Moyen Age. Les grands textes, regroupés dans cet ouvrage, témoignent de sa dimension exégétique, liturgique, spirituelle, ecclésiale. Ces textes sont en soi de véritables joyaux ; telle, par exemple, cette réponse de saint Augustin à quelqu’un qui lui demandait de lui montrer la Trinité : « Tu vois la Trinité quand tu vois la charité. »
Qu’est, en effet, la Trinité, sinon ce mystère d’amour, cette circulation d’amour qui pose chacun dans son être, comme le manifeste l’icône de la Trinité d’Andréï Roublev ? Cette vie même de Dieu nous dépasse infiniment.
Comment en parler, sinon en termes de communion trinitaire, comme le font les théophanies, les métaphores, les visions, les analogies trinitaires ? Car c’est bien la Trinité qui est à l’œuvre dans la création, le salut, les sacrements : le baptême, l’eucharistie…
Une des meilleures images qui ait été donnée de cette communion trinitaire est celle de la première communauté de Jérusalem, où tous étaient un seul cœur et une seule âme.

Traduction en polonais : Trojca Swieta tajemnica jednosci, Varsovie, Pax, 2000.

Jean Cassien, Traité de l’Incarnation contre Nestorius

Si Jean Cassien est connu en raison de ses célèbres Conférences, ainsi que par les Institutions cénobitiques, il ne l’est guère par sa christologie.
Or, il est intervenu dans le débat christologique autour du Concile d’Éphèse en s’opposant à Nestorius. Son livre, non traduit jusqu’ici, avait été laissé pour compte. Il propose une christologie d’en-haut.
Avant Vincent de Lérins, Jean Cassien met en évidence la complémentarité entre l’Écriture et la Tradition par la structure même de sa démonstration : les cinq premiers livres sont fondés sur l’Écriture, les deux derniers sur le Symbole de foi et l’argument patristique.
Il donne une place importante au Symbole de foi et anticipe certaines analyses de Léon le Grand.

Dieu le Père, mystère de charité

Le présent livre regroupe les principaux écrits relatifs au Père proposés par la Tradition : des textes des premiers siècles, quelques autres plus tardifs, certains même contemporains. Les auteurs s’efforcent d’appréhender ce mystère de charité qu’est Dieu le Père, à partir de cinq axes : la reconnaissance de Dieu le Père créateur, une connaissance plus précise du Père, à partir du commentaire du Symbole de foi, ce mystère de charité qu’est Dieu et la fraternité qui en découle dans le « Notre Père ».
Comme le Fils révèle le Père qui est par lui-même inaccessible, l’égalité du Père et du Fils est également envisagée, ce qui nous conduit au seuil de la paternité de Dieu, manifestée en particulier dans la parabole du fils prodigue, qui est l’expression même de la miséricorde et du pardon. Ainsi s’articulent filiation et adoption divines, cette adoption divine ou encore cette divinisation de l’être humain à laquelle nous sommes appelés et qui nous invite à vivre dans ce mystère de charité qu’est Dieu lui-même.

Traduction en polonais : Bog Ojciec tajemnica Milosci, Varsovie, Instytut Pax, 1999.

L’expérience du Saint-Esprit

Si la théologie de l’Esprit Saint a connu une éclipse entre la fin du Moyen Âge et les années 1970, il n’en allait pas de même pour les Pères, ni pour les médiévaux qui ont fait, de manières diverses, l’expérience du Saint-Esprit.
Ce sont ces expériences que cet ouvrage reprend, en les situant dans leur contexte.

Creatio, conversio, formatio chez S. Augustin

Ce livre met en évidence un schème décisif de la pensée augustinienne, schème qui avait été laissé pour compte jusque-là et qui a été largement repris depuis lors, ce qui a impliqué une seconde édition augmentée de l’ouvrage. Non seulement Augustin exprime par là sa compréhension de la création, le lien entre la création et son accomplissement, mais il met en même temps en place l’un des axes fondamentaux de son anthropologie.
En étudiant ce schème, nous avons été amenée à étudier les sources de la pensée d’Augustin (en particulier son rapport au néoplatonisme) et la réinterprétation qu’il en propose. Depuis lors, cette recherche a été complétée par un certain nombre d’articles sur les différentes composantes de ce schème et sur les relectures qui en ont été proposées, ainsi que sur son enjeu pour l’oeuvre d’Eckhart.